vendredi 25 février 2011

Sur la planche à billets US, l'inflation et les global imbalancies

Petite explication sur ce qu'il se passe aux USA d'un point de vue monétaire.

Tout d'abord, quelques graphiques :

Le M2 aux USA :


On voit que si ça repart à la hausse, ce n'est pas la boucherie inflationniste qu'on nous annonce partout.

Et si le M2 remonte, le M3 (recomposé), lui, est toujours dans les choux :


En fait, ce qu'il se passe aux USA est relativement simple. Il faut comprendre qu'il y a deux formes de monnaie en circulation :
  la monnaie dette (la monnaie crédit, héritée des reconnaissances de dette payables au porteur),
  la fiat monnaie (en gros, le bilan de la banque centrale et surtout la dette publique au bilan de celle ci).

Le dernier bilan de la FED :


Aujourd'hui, l'essentiel de la monnaie est de la monnaie crédit, à 95%. En fait, la FED essaie de stabiliser cette quantité de monnaie. Or la déflation naturelle qui devrait s'imposer tend à faire baisser cette quantité de crédit. Ce que fait la FED, c'est donc de compenser la diminution naturelle de cette monnaie crédit, par l'augmentation de la fiat monnaie.

C'est ce que j'essaie d'expliquer sur ce graphe ci :


Aindi, la part de la fiat monnaie dans la monnaie totale augmente.

Sachant que la FED rend à l'Etat, les intérêts qu'elle perçoit sur cette dette à son bilan, je m'étais amusé à essayer d'imaginer quel serait la conclusion d'une telle politique.

J'avoue ne pas encore bien appréhender la conclusion logique de ce remplacement de la monnaie crédit adossée à la dette de quelqu'un, par de la fiat monnaie. En tous cas, une chose est sûre, c'est que la richesse réelle qui est gagée par la monnaie en circulation est toujours la même, c'est à dire très largement sur évaluée, au taux de change actuel. Et c'est ce pour quoi la monnaie crédit avait commencé à fondre dans la déflation, que les fausses créances s'évaporaient, et que la monnaie tentait de se remettre en ligne avec la richesse réelle.

Maintenant... la monnaie crédit est une monnaie avec un élastique attaché dessus qui en limite l'aspect inflationniste. La fiat monnaie elle n'a aucune retenue. Et quand l'inflation de la monnaie crédit fait plutôt gonfler les actifs, celle de fiat monnaie fait plutôt gonfler le coût de la vie, si celle ci n'est pas stérilisée.

Ainsi, avec la baisse du crédit, on voit une gamelle des prix de l'immobilier aux USA et des actifs fortement dépendants du crédit, alors que la monnaie crédit continue de chuter.


Maintenant, reste la question de savoir où cette fiat monnaie qui remplace la monnaie crédit se dirige. Naturellement, il y a les matières premières ou les actions. Mais j'ai plutôt dans l'idée qu'elle sert en fait :
   d'un côté, surtout à faire tenir debout les bilans des banques, à compenser les pertes à gros bouillons,
   et de l'autre, à payer pour le déficit commercial US. Et cette monnaie va s'accumuler dans les réserves des banques centrales des pays excédentaires.

Ainsi, le premier point n'est pas inflationniste. Ça empêche juste la déflation par la dette, façon 29, avec faillites bancaires et tout et tout.

Et c'est là que je vois le plus gros problème dans cette politique de la FED, alors que cette fiat monnaie gratuite sert en grande partie à recaver les banksters, à les maintenir en place, à sauver leurs bilans, et à les empêcher de faire faillite, et à leur permettre de continuer à goinfrer.

Et le deuxième non plus n'est pas directement inflationniste, alors que ces dollars sont stérilisés dans les réserves de change. En revanche, si (quand) tout ceci finissait par être dégazé, si (quand) le dollar perdait son statut de monnaie de réserve, là, ça risque de devenir rigolo...

Et ainsi, j'imagine que l'aspect inflationniste sur les matières premières ne se fait pas majoritairement directement via la spéculation comme tout le monde le suppose, mais se fait plutôt via le déficit commercial et l'intermédiaire des émergents, qui en trouvant des débouchés artificiels pour ce qu'ils produisent, continuent de croître à 10% l'an, et ce faisant, demandent de plus en plus de ressources.

Enfin, en même temps que la "planche à billets" de la FED, il y a aussi la politique du ZIRP, des taux directeurs à 0%. Cette politique d'argent occidental gratuit permet d'alimenter le carry trade, qui va s'investir massivement chez les émergents, avec le double effet d'une hausse de la devise (vu qu'elle est très demandée par l'effet même du carry trade) et des actifs (avec l'afflux de la hot monnaie). Et là encore, l'inflation se fait par l'intermédiaire des émergents. Mais le carry trade est une boucle de rétroaction positive, un souffleur de bulles, et ça mène généralement à des explosions du style de la crise asiatique de 1997 quand tout se retourne et que les deux effets cumulés s'inversent et que tous les criquets pélerins essaient de sortir en même temps. Et chat échaudé craignant l'eau froide, on comprend que ces pays là essaient de s'en protéger au maximum. Surtout que ce faisant, l'occident arrive à récupérer gratuitement, le tout avec de l'argent gratuit, une partie de la richesse créée là bas, ce qui ne va pas être longtemps du goût des élites locales.

Dans le procédé, le MV des émergents dans le MV global augmente. Même si avec la bulle qui monte chez eux, là dedans il y a une bonne part de mauvaises dettes en attente de faire pschiit (car si il y a une vrais dymanique de croissance saine chez les émergents, j'ai du mal à imaginer qu'elle puisse être réellement de 10% l'an comme on nous l'annonce)... Mais tant que la bulle monte, que cette dette semble solvable, et que la mer est haute et qu'on ne voie pas qui est à poil, cette mauvaise dette est bien de la vraie monnaie (en attente d'être détruite mais pour l'instant elle est bel et bien là)...

Ainsi, l'inflation, ce n'est pas aux USA qu'elle se trouve, mais en Chine, en Inde, au Brésil...

  M2 chinois, avec un doublement tous les 2 ans :


Ainsi cette hausse du MV des émergents quand le MV de l'occident reste stable, fait que la part du MV de l'occident dans le MV global diminue. Et ainsi, le pourcentage des ressources qui revient à l'occident diminue aussi. D'où en occident, une core inflation nulle, une inflation importée importante, et des salaires qui ne suivront pas...

Enfin, comme je le mets plus haut : "au taux de change actuel"... D'où la tentation d'essayer de refiler au monde des accords du Plaza 2.0 pour que les USA dévaluent leur dollar, et reprennent ainsi une partie de leurs réserves de change à tous les pays exportateurs qui ont été payés en faux billets. Même si dans une régime de taux de change flottants, j'aimerais qu'on m'explique comment c'est possible, à part à ce que les USA fassent littéralement exploser le bilan de la FED sans que les autres ne cherchent à suivre. Cf ici et ici... Avec le risque de fusiller ainsi l'aspect de monnaie de réserve du dollar... Mais tant que ces pays auront besoin des USA pour exporter leur production, ils se feront payer avec ce que les USA voudront bien leur donner.

En fait tout ce système ubuesque et faussement impérial (car le tribut est perçu par l'endettement de l'empire), tient aussi en grande partie grâce à la connerie des élites kleptocrates chez les émergents, et qui feraient passer le monde à la Dickens pour un parc d'attractions. Le jour où ils comprendront, comme ça commence à être le cas en Chine, qu'il leur faut une demande intérieure pour se passer des débouchés occidentaux, de leurs déficits commerciaux et de leurs réserves de change, là, ça va être la fin de partie pour l'occident tel qu'il vit aujourd'hui...

Et quand on vous explique à la télé que c'est une super nouvelle pour l'occident que les salaires des chinois augmentent, c'est vrai. C'est une super nouvelle à terme pour la justice, la méritocratie, la stabilité et l'avenir de la planète. Mais c'en est une très mauvaise pour votre pouvoir d'achat très largement artificiel...

vendredi 18 février 2011

Années 30 droit devant

La boite de Pandore
France Inter, 18/02/2011 (en Français texte en français )
→ lien
Retour ce matin sur une semaine folle marquée par l’affaire Alliot-Marie et ses dégâts collatéraux...

Derrière le soutien du bout des lèvres, pointent les critiques, hors micro. « MAM doit partir, ce n’est plus possible, on ne va pas tenir comme ça longtemps », confiait hier soir un proche du chef de l’Etat, qui estime inéluctable un remaniement, même restreint, au sortir des cantonales. « Le problème aura été ses mensonges à répétition », se désole un ministre du gouvernement.

Pour un grand nombre d’élus de la majorité, ces mésaventures rejaillissent sur toute la famille gaulliste, au moment où Jacques Chirac s’apprête à comparaitre en correctionnelle. Les députés, qui pensent déjà aux législatives de l’an prochain, s’inquiètent déjà des scores que l’opposition va réaliser aux cantonales.

Pourquoi Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas démissionné sa ministre ?

Difficile de remercier MAM, tout en conservant son compagnon Patrick Ollier qui était du voyage tunisien, ou encore François Fillon, après les révélations sur son séjour égyptien. Le résultat est calamiteux pour ce gouvernement déjà usé par des polémiques à répétition. En conservant la même équipe, à quelques rares exceptions près, Nicolas Sarkozy, à l’inverse de ses prédécesseurs, s’est privé d’un acte 2 du quinquennat, et d’un nouveau souffle. Le voilà de nouveau seul, en première ligne.

Au bout du voyage, la sanction est là : le sondage que publie l’IFOP pour France Soir donne ce matin une Marine le Pen autour de 20 points. C’est le syndrome du « tous pourris ». La menace concerne aussi bien l’UMP que le PS, parce qu’elle est synonyme d’un rejet croissant de la classe politique traditionnelle. Nicolas Sarkozy réactive du coup certains débats, identité nationale, Islam.

Vous savez, la boite de Pandore…

Voila où en est la France. Des partis d'extrêmes qui surfent sur l'incompréhension, la crédulité et la révolte de la population pour se faire des voix à peu de frais, des partis de gouvernement qui n'ont à cœur que la sauvegarde des intérêts des castes de parasites que chacun d'eux servent, un pays qui périclite sous le poids des sus dits goinfres, de la rente et de la mise à sac systématique de l'héritage de la révolution, des Lumières, et de la méritocratie...

Le problème étant que les intérêts des clientèles de goinfres (rentes, privilèges et autres acquis "sociaux" patiemment accumulés en 30 ans de pillage de l'État) sont si puissants, que personne ne va oser les mettre en question. Et c'est seulement, comme dans les années 30, quand le point de l'insoutenable aura été atteint, que tout va s'effondrer, que l'on pourra rebâtir quelque chose de neuf sur les ruines de l'ancien monde. En espérant que cette fois ci, on ne soit pas obligé de passer par une guerre mondiale pour que le système précédent accepte de mourir et que les goinfres abandonnent leurs rentes face à la nécessité et à l'impossibilité mathématique de les honorer.

Dans les années 30, on avait une crise de la demande solvable, liée à des inégalités insupportables et une dette inremboursable qui avait été gonflée jusqu'à l'extrême pour permettre un temps aux kleptocrates de refourguer à des travailleurs sans le sou la merde qui sortait de leurs usines. Dans nombre de pays du monde (USA, émergents), ce constat est le même aujourd'hui.

En Europe et au Japon, la donne est différente, alors que la traite n'est pas le privilège d'une bande très réduite de kleptocrates, mais qu'elle est beaucoup plus diffuse dans des pans entiers de la société, qui vivent en parasites sur ceux qui produisent.

Aujourd'hui, personnellement, je ne vois personne dans les partis politiques qui représente l'héritage de la révolution, des Lumières et de la méritocratie. A droite, je ne vois que des pseudo libéraux qui se battent en fait pour rétablir l'ancien régime et la société de la rente, sous couvert de loi du "marché", où on nous invente le socialisme pour les riches et le capitalisme pour tous les autres. Des partis de petits notables accrochés à leurs patrimoines volés par la dette publique et la fuite de l'impôt, des rentes odieuses construites sur des droits à la retraite débiles et l'organisation systématique de la pénurie de logement pour maximiser la captation du travail de la jeunesse par l'exploitation de sa pauvreté.

A gauche, on trouve les opposants à ces clowns libéraux, ceux avec l'autre marteau idéologique : les keynésiens. Et ils ne parlent que de toujours plus s'endetter, pour donner des susucres à crédit à la plèbe et soit disant "investir". Alors que derrière tout ça, il n'y a que de la fuite dans l'endettement pour continuer d'arroser de pognon gratuit leurs propres clientèles de goinfres (chômeurs professionnels, fonctionnaires sert à rien, retraités (multi)proprios, écogogologistes incapables de faire quoi que ce soit sans cramer 3 litres d'essence)... Et sous couvert d'investissement, on ne nous ressort systématiquement que des dépenses débiles dont on sent très bien que ça ne produira jamais aucune richesse. Et sont mis ainsi systématiquement en avant les choix d'investissement les moins rentables, les plus pourris, (quand on peut encore, en cherchant très fort, trouver à qualifier ça d'"investissement", ce qui n'est même pas le cas de 10% du raz'gratis que ces cons distribuent), le tout pour faire plaisir à leurs clientèles électorales de débiles infoutus du moindre calcul de rentabilité, après 30 ans de vautrage dans l'argent gratuit de la dette et de récurage de cerveau keynésien. On se retrouve alors avec des merveilles où l'on nous décrète l'"économie-du-savoir-et-de-la-connaissance" (celle qui n'a jamais produit le moindre savoir rentable malgré les centaines de milliards déversés), ou encore des subventions aux éoliennes ou aux panneaux solaires chinois histoire de produire de l'électricité à 10 fois le prix du nucléaire...

Et les deux s'affrontent ainsi autour de leurs théories keynésiennes et libérales, sans jamais comprendre que tout ceci ne forme pas des programmes, mais que ce sont juste des outils. Et que le vrai programme à avoir, c'est de rétablir ce qui a fait notre force et notre croissance : le capitalisme qui investit là où c'est rentable, la méritocratie et la vraie solidarité (celle où le chanceux aide le malchanceux et pas celle où le puissant dépouille le faible)...

Ainsi, voici ce qui selon moi pourrait constituer un vrai programme qui, accompagné d'un discours churchillien, serait à même de nous remettre dans la bonne direction. Autant dire qu'il n'y a aucune chance que ça voit le jour :

  Refonte complète de la fiscalité. On efface tout ce qui existe. On remplace tout par un impôt très simple, lisible, et acceptable pour tous (afin de restaurer notamment l'acceptabilité de l'impôt en sapant les bases de ce sentiment légitime que tous les français ont d'être les pigeons d'un système injuste, qui ne sert que les margoulins et les escrocs). Ainsi on garde :
- un impôt sur le revenu (dans lequel on intègre tous les revenus : travail, revenus du capital, gains en capital, dons). L'héritage est taxé de la même manière, en considérant l'héritage comme un revenu pour celui qui hérite. Tout ça est taxé à la source en se donnant la peine de mettre en place toutes les structures informatiques nécessaires à l'automatisation de tout ceci. L'administration fiscale peut réduire formidablement de taille et se concentrer sur les contrôles.
- la TVA.

Tout le reste dégage (niches fiscales en tête, ainsi que impôt sur les entreprises alors qu'il ne représente déjà quasi plus rien dans le financement de l'État, et que taxer une entreprise est idiot, vu qu'il n'y a réellement concrètement que des hommes avec des revenus). L'impôt est individualisé, et perçu automatiquement à la source.

Au passage, la question de la suppression de l'argent liquide peut se poser, afin d'obliger tout le monde à passer par un compte pour échanger de l'argent : chaque transfert étant déclaré soit comme un achat, soit comme un revenu. L'impôt sur le revenu ou la consommation pourra être calculé automatiquement via tous les transferts réalisés. La TVA est calculée pour les entreprises sur les ventes réalisées moins les achats réalisés. Les revenus sont calculés par les revenus perçus moins les dons réalisés.

  Au niveau de la solidarité, on en revient à la base : on assure aux gens qu'ils soient tous intégralement soignés, éduqués, logés, nourris. Mais pas plus.
- Dans un monde où ce n'est pas la masse qui fait la richesse mais la qualité, les allocations familiales sont refondues pour devenir dégressives avec le nombre d'enfants, passé le 2ème.
- L'assurance chômage ne doit pas être un moyen de se prendre des vacances entre deux boulots.
- Suppression du salaire minimum à seuil et passage à un salaire minimum redistributif (via l'impôt unique sur le revenu) pour remettre tout le monde au travail, même sur des jobs d'usine à 400€ par mois s'il le faut (400€ auxquels viennent s'ajouter la redistribution).
Pour les gens les plus désocialisés, afin de leur remettre un pied à l'étrier, on recrée des "villes usines", en fusionnant un peu le principe de la communauté emmaüs et l'usine produisant de vraies choses. Avec des unités de production à taille humaine mais avec tout de même la taille critique, du genre saline royale d'Arc et Senans, revue au goût du jour.
- Les retraites doivent être conçues comme un régime par points, à l'équilibre par construction. On n'a qu'un seul et même régime de retraites pour tout le monde, et tout le monde récupère les points aujourd'hui, à hauteur de ce qu'il a réellement payé. N'est versé aux retraités que ce qui rentre, la part des revenus des actifs allouée aux retraites étant limitée à 12% de leurs revenus (et non l'escalade vers une CSG infinie que les vieux essaient aujourd'hui d'imposer aux actifs pour continuer à se promettre des retraites débiles). On garantit une solidarité de points entre retraités afin de maintenir les retraites les plus basses, et tout ce qui dépasse au dessus se voit raboté pour remettre le système à l'équilibre. De plus, dans un premier temps, on fait porter le poids du remboursement de la dette à ceux qui l'ont creusée : déduction des retraites de la moitié des revenus du capital (y compris la moitié du loyer qui pourrait être perçu sur la résidence principale).
- Pour l'éducation, l'université reste gratuite mais on met des concours à l'entrée de chaque université avec un nombre de places en corrélation avec les besoins réels de la filière. Les meilleurs à un concours national anonymisé, sont les premiers servis. Des filières techniques sont développées afin de proposer autre chose à la jeunesse que des postes à l'université, en faisant croire aux jeunes qu'on sera tous ingénieurs    On arrête avec l'inflation des diplômes et de la durée des études. Et tout au long de l'école, on fait en sorte (toujours par un arbre de compétences à valider avant de pouvoir avancer) que chaque élève ne puisse pas accéder à l'enseignement d'une compétence s'il ne maitrise pas une compétence requise indispensable. On rétablit les classes de niveau afin de mettre en avant l'exigence et l'excellence, plutôt que de toujours égaliser par le bas.

  Investissement :
- Flexsécurité : n'en déplaise à la clientèle de gôche des professeurs d'université, on crée enfin une base de données de compétences sur Internet, des cours et des exercices sur chacune de ces compétences, conçus comme de véritables petits bijoux de pédagogie, un arbre de dépendance à la Civilization entre compétences, un moyen simple de passer un examen du style QCM afin de valider son acquis sur une compétence avec une note qui vous suit dans votre CV, une base de données de CVs centralisée (avec possibilité d'exposer son CV, avec prétentions salariales, mobilité...), la possibilité pour des employeurs de vous contacter spontanément si ils ont quelque chose à vous proposer dans vos critères, la possibilité pour les employeurs de faire des requêtes de recherche opérationnelle complexes dans cette base de données de compétences et de CVs, l'établissement d'une liste des compétences les plus recherchées afin que les chômeurs puissent se former d'eux mêmes à ces compétences (en étant rémunérés pour se former)...

- Logement : l'établissement des plans d'urbanisme et des permis de construire est retiré aux collectivités locales. L'État s'endette pour financer un boom de la construction et faire en sorte de loger sa population. Ce boom de la construction fait fortement baisser le chômage. Il vend ou loue les logements construits. Et alors qu'un T3 va lui revenir à tout casser à 50 000€ (tout compris une fois récupéré les impôts des chômeurs devenus travailleurs, la TVA des acheteurs et autres taxes, et alors que le foncier utilisé lui appartenait déjà ou en grande partie). En les vendant au prix du marché (avec un prix de marché qui chute au fur et à mesure que l'État alimente le marché en biens), et alors qu'on considère qu'il manque un million de logements en France, l'État va récupérer facile 50 à 100 milliards dans l'affaire. Quant au chômage, à la très grosse louche, c'est bien 200 000 à 300 000 emplois qu'on peut créer sur 10 ans, juste à faire en sorte de loger la population. Quant à la dette nécessaire pour amorcer cet investissement, elle se remboursera d'elle même alors que pour la première fois en 30 ans, l'État investirait dans de la vraie richesse... Avec la chute des prix de l'immobilier, l'État organise la déflation des goinfres qui s'enrichissent de la pénurie de logements organisée et de pauvreté des jeunes. Les jeunes actifs ayant besoin de moins pour se loger peuvent accepter une légère baisse (ou une non augmentation) de salaire alors que le poids de l'ajustement est supporté par la goinfrerie, et le travail français redevient compétitif.

Sinon, les cathédrales de l'information, c'est bien beau et c'est vraiment le vrai enjeu de nos sociétés pour regagner un avantage compétitif sur les émergents submergents, mais pour les plus terre à terre, rien ne vaut un grand et beau projet monumental et concret. Dans ce cadre là, on peut imaginer la construction de villes nouvelles. L'État n'ayant pas vocation à planifier intégralement tout ceci, on peut imaginer faire appel à l'intelligence de l'Internet pour réfléchir ce projet via un forum bien administré. Les architectes, les urbanistes, les ingénieurs sont amenés à construire un projet d'ensemble avec une cohérence d'ensemble. Il ne s'agit pas ici que chaque architecte y aille dans son coin de sa petite bouse cubique colorée histoire de vomir sur le territoire une horreur absolument inutilisable, et de s'en vanter ensuite dans son book.

De plus, en construisant sur un nouveau territoire, on peut remettre en avant l'exigence de qualité, de décoration et de beauté, alors que l'économie sur le foncier permettra de dégager des montants importants pour investir dans le beau et le moderne. Ainsi, on peut imaginer remettre au goût du jour, la pierre de taille sculptée, les moulures, tout en rendant ça moderne en y intégrant des plans déstructurés, du verre, du fer, de la végétation, et en y intégrant les problématiques d'énergie et d'un transport public aérien automatisé dès la conception... Car n'en déplaise aux poseurs de cubes en béton, c'est cette architecture naturelle et marquée dans l'histoire qui plaît aux hommes, et qui fait la beauté reconnue dans le monde entier de nos centres villes. On doit pouvoir concevoir des villes modernes exigeantes, mais reprenant d'une certaine manière le design haussmanien. Enfin, au milieu de cette ville homogène, pour certains monuments et bâtiments publics bien identifiés, on peut se permettre des excentricités et exploits techniques (comme pour le centre Pompidou ou la tour Eiffel).

Au passage, cette expérience doit également être utilisée comme un laboratoire de la constitution d'une démocratie Internet. A terme, l'idée est de remplacer les clownies incompétents et corrompus du pouvoir législatif par un parlement Internet, où l'écrit, la pensée, les arguments et la transparence reprennent le dessus sur l'agitage de bras en l'air, la politique politicienne et la rhétorique. La logique du forum est en ce sens la bonne. Chaque citoyen pourrait alors voter et participer de lui même à l'écriture des lois et à leur vote, ou, domaine par domaine, confier à tout moment sa voix à une personne de son choix (avec une limite de 0,1% des voix par personne). Les grands électeurs peuvent alors se regrouper en partis, par type de domaine. Nos croulants incompétents et corrompus au pouvoir sous estiment totalement la puissance de l'intelligence de l'Internet et il est temps de faire évoluer nos sociétés en ce sens.

- Énergie : on arrête les conneries écogogologistes et on fait en sorte de produire de l'énergie avec des moyens rentables et qui fonctionnent. Essentiellement le nucléaire, les transports en commun, l'urbanisation et les économies d'énergie, n'en déplaise à la tartuferie verdâtre qui plante ses courgettes bio à la campagne...

- État : l'État doit apprendre les affreux vilains mots de productivité et de rentabilité. Toute la gestion administrative de l'État, de la santé, des impôts est informatisée. Les Josiane et les Lucette de 54 ans payées à faire (mal) le boulot d'un ordinateur doivent se recaser dans des postes utiles. Personne n'est viré, la mobilité forcée est limitée à son strict minimum, mais personne ne doit toucher de salaire à creuser un trou le matin et à le reboucher l'après midi. Idem pour toute la superstructure de politiques sert à rien qui bouffent sur la bête, avec toute leur cour de bouffons, nourris au champagne, aux putes et au 'tit four, idem pour toutes les organisations inutiles qui bouffent des moyens financiers colossaux, afin de redéployer ces moyens là où il y en a besoin : justice, santé, éducation...

Voila quelques pistes visant à rétablir la compétitivité, la méritocratie et remettre bien droit les piliers fondateurs de notre République.

Et avec la fange des partis politiques actuels qui n'ont rien d'autre à proposer qu'une France toujours plus rance et toujours plus loin de ces principes fondateurs de 1789, je vous laisse imaginer la probabilité qu'un tel programme puisse voir le jour...

jeudi 3 février 2011

Petit historique approximatif de la prospérité et prospective

Voici quelques graphiques très approximatifs que j'ai réalisés, visant à illustrer une histoire monétaire du monde, depuis les années 60, et le rapport aux ressources et à la richesse.

Je reprends ici ce que j'ai développé dans MV=PQ.

Comme je l'ai déjà expliqué, j'estime à la grosse louche que la prospérité d'une nation et son accès aux ressources est lié à la valeur sa masse monétaire (de son capital, de sa dette), rapportée à la valeur de la masse monétaire globale (avec le jeu des taux de change). J'appellerai MV les masses monétaires (comme la partie gauche de MV=PQ).

A chaque fois, dans chaque monétaire de chaque grande zone, je sépare la bonne dette de la mauvaise dette. Dans la bonne dette, on y met toute la dette qui est réellement de l'investissement et génère des richesses futures, de la productivité. Dans la mauvaise dette, on retrouvera en vrac toute la Ponzi monnaie :
  la dette publique pour raser gratis,
  le crédit à la consommation qui n'apporte aucun gain de productivité à celui qui s'endette (crédit à la conso pour un écran plat, des vacances, une voiture de luxe...),
  tout le crédit qui va dans des bulles d'actifs.

Ces graphiques sont bourrés d'approximations et ne sont pas basés sur des données réelles. Il s'agit juste d'une illustration de ce qui me semble être l'histoire des différents MV jusque 2010. Et au delà de 2010, je fais un petit exercice de prospective.

Voici en absolu une valeur de ces MV :


Jusque 2010, ces valeurs peuvent sembler assez cohérentes avec la réalité des masses monétaires mondiales.

J'y ai représenté :
  les deux chocs pétroliers,
  la bulle de crédit japonaise de 1980 à 1990 et son explosion,
  la crise de 1990 en occident,
  la crise asiatique de 1997,
  la bulle de crédit de 2000 à 2008 en occident et la fuite dans la dette publique...

Au delà, je mets l'occurrence d'une crise en 2014 (ça pourrait être à un autre moment), une crise obligataire déclenchée soit par l'explosion de l'accumulation exponentielle de mauvaise dette en occident, au Japon ou en Chine... La crise qui mettra fin au Ponzi.

Notez que passé 2014, ça ne dit rien sur la valeur d'une unité de monnaie. Ça ne dit pas si la masse monétaire sera diminuée par l'inflation (augmentation de la quantité de monnaie et dévaluation du taux de change de la valeur d'une unité de monnaie), par défaut sur la dette (diminution de la quantité de monnaie). Ça ne regarde que les valeurs comparées des masses monétaires.

Du coup, l'exercice en absolu est difficile et ce qui compte bien plus, ce sont les valeurs relatives des masses monétaires :


Notez que j'ai fait la très grosse approximation de partir de 0 pour ce qui n'est pas occident et Japon. Disons qu'à la louche, je ne m'intéresse ici qu'à la richesse qui permet d'aller au delà des besoins primaires de la pyramide de Maslow, et qui donne un confort de vie au delà de la survie de l'individu. Du coup, je fais la même approximation pour les ressources avec un accès à ce que j'appelle un "Q de confort".

  On voit sur ce dernier graphique une baisse régulière de la part de l'occident dans les ressources globales, et une hausse du pourcentage de mauvaise dette dans sa masse monétaire. Mauvaise dette en attente d'être détruite mais qui tant qu'elle est là, fait illusion de richesse...
  Le Japon y est représenté aussi (surement beaucoup trop gros dans le graphique, je me rends compte) et on y voit bien sa bulle de mauvaise dette des années 80-90 qui lui donne un temps une illusion de prospérité.
  Idem pour la crise asiatique de 1997.
  Enfin, on voit la montée de la Chine et des émergents dans la masse monétaire globale.
  L'hypothétique "crise de 2014", elle, entérinera le transfert de richesse de l'occident et du Japon à la Chine et aux émergents.

  Le Peak Everything :
Ci dessous, voici un graphe de la quantité de ressources de confort produite sur la planète. J'y ai figuré les deux chocs pétroliers, la crise de 2008 avec le sous-investissement qui va s'en suivre (ou qui s'ils n'a pas lieu là, aura lieu suite à la "crise de 2014"), et par la suite, avec une population mondiale qui continue de croître plus vite que les ressources disponibles, et des milliards de personnes accédant ne serait-ce qu'à la satisfaction de leurs besoins primaires (avec donc une part croissante des ressources qui leur sont allouées), un Q de confort qui commence sérieusement à décroître pour les autres bien ventripotents. La courbe est assez pessimiste, j'en conviens.


Ainsi, en attribuant ce Q de confort aux différentes zones en fonction de la part de leur masse monétaire dans la masse monétaire globale, voici ce que l'on obtient :


La "crise de 2014" marquera un transfert énorme des ressources de confort à la Chine et aux émergents. Le Japon sombre dans le déclin en absolu (mais pas forcément en relatif, aidé en cela par sa démographie). L'occident aussi voit son Q de confort fortement rogné. Le Q de confort de la Chine croît fortement jusqu'en 2020 puis stagne alors que la Chine vieillit rapidement. Les émergents continuent de grimper mais la baisse du Q global commence à sévèrement entamer les possibilités des différentes zones de voir leur Q continuer d'augmenter.

Voila, je vous laisse regarder ce petit exercice de prospective...