dimanche 30 janvier 2011

La solution à la crise

Je remets ici un petit post que j'ai eu sur la bule-immo, en réponse aux fans mélenchonistes d'Edgar Morin et autres Stéphane Hessel et sur leurs "solutions" à la crise...

BulleDog : Je viens de voir les vidéos de Stiegler postées ci-dessus.
Lui aussi est bon dans l'analyse de la situation.

Mais quelles sont ses solutions ? Il n'en présente pas.

DiscoTonio : Mais merde, c'est pas compliqué quand même. La solution, par exemple, ce qui me vient en vrac...
  c'est les imprimantes 3D, c'est l'Internet, le travail déporté,
  l'informatisation de l'État, de l'impôt et de l'administration,
  l'informatisation de la santé où la carte vitale devient une carte permettant d'accéder avec un code secret à un dossier médical crypté centralisé, et de stocker les prescriptions et le reste à prescrire,
  c'est la définition d'une base de données de compétences, l'éducation sur le net avec la mise à dispo en permanence de cours avec exercices en flash très bien faits, des examens pour pouvoir valider ces compétences, une base de données de CVs avec les différentes notes dans les compétences, mobilité et prétention salariales, histoire de fluidifier le monde du travail et d'avoir une photo en permanence des besoins et de l'offre, la flexsécurité qui va avec,
  le parlement Internet conçu un peu comme un forum histoire de réhabiliter, le débat, l'écrit, la pensée, et d'en finir avec la politique spectacle...
  l'interdiction du déficit public et la construction de systèmes sociaux à l'équilibre par construction, comme le salaire minimum progressif et non à seuil,
  la déflation des goinfres histoire de faire retoucher le sol à tous les profiteurs du système goinfrés à la Ponzi monnaie,
  en finir avec la société de propriétaires et rendre l'immobilier abondant et bon marché...

En bref, la solution, c'est :
1) la croissance (la vraie),
2) la déflation de la Ponzi économie du XXème siècle qui mettra un terme dans les livres d'histoire à la faillite absolue de la génération mai 68 (et plus)...

Vous êtes là à vous palucher en regardant des croulants qui rêvent l'œil dégoulinant sur leur jeunesse lointaine et leurs rêves humides de drapeaux rouges et de mai 68, et ne sont pas outillés pour comprendre le monde qui vient...

Et à vouloir s'acharner à rester dans le XXème siècle pour satisfaire les fausses promesses de grasses retraites et rentes diverses de croulants, et s'efforcer de rendre intelligible à des vieux devenus écrasants un monde qui n'a plus rien à voir avec ce qu'ils ont connu et n'arrivent pas à appréhender, on va juste finir par travailler dans les usines pour les chinois...

La solution, c'est plus du côté Appleseed que de la prise du palais d'Hiver   

BulleDog : Du pipo ...
De la technique et de quelques lois inapplicables : Si ça suffisait pour régler le problème écologique, de paupérisation, de déséquilibre des échanges, et de financiarisation de l'économie ce serait déjà fait.
En quoi ça résout nos problèmes écologiques, d'hyper-concurrence entre états/entreprises/individus/spermatozoïdes, de décisions dictées par les fonds d'investissements et les banques d'affaires aux états et aux entreprises ?

DiscoTonio :   "le problème écologique" : le problème écologique c'est avant tout la bagnole. Pour 90% des déplacements, ce qu'il faut faire voyager, ce sont les esprits, pas les corps. Et pour le reste, on pourra bien louer une voiture de temps à autre. Mais on peut concevoir un monde bien fait qui tourne à l'électrique et avec très peu de voitures. Ce dont on va manquer c'est de pétrole et de ressources minières, pas d'électricité. Mais bon, sur le matériel, on va se serrer la ceinture. De toutes façons, y a pas grand chose qu'on puisse faire là dessus. Va falloir trouver des trucs un peu moins matériels pour trouver du sens et occuper nos vies...
  "l'hyper-concurrence" : mais l'hyper concurrence comme tu dis, c'est ce qui permet de limiter la perte dans le système, les rentes et les gaspillages. Le problème c'est pas l'hyper concurrence. Le problème, c'est que si tu perds ton job, tu n'en retrouves pas un facilement. Ce qu'il faut c'est pas le protectionnisme, les monopoles et la garantie des rentes de ceux qui gueulent le plus fort, ce qu'il faut c'est l'éducation Internet simple et accessible, la fluidité du marché de l'emploi, et en finir avec la société de propriétaires pour rendre la population mobile...
  "décisions dictées par les fonds d'investissements et les banques d'affaires" : oui ben si les faillis ne nous avaient pas chanté les louanges de la répartition depuis 50 ans et si au lieu de s'offrir la retraite à 60 ans à crédit, ils avaient dès cette époque, en prévision de la culbute démographique qui était déjà évidente, constitué un fond de réserve des retraites pour racheter le CAC40, on n'en serait pas là... Si aujourd'hui, on paye deux fois les retraites (celles de nos goinfres + celles des américains), et que nos entreprises ne nous appartiennent plus, c'est pas les fonds d'investissement qu'il faut accabler...

Alors là, la solution, elle est pas compliquée. Mais elle va pas plaire au neuneu pouvoir d'achat qui veut son écran plat 3D pour remplacer son écran plat d'il y a 2 ans... Les français arrêtent de consommer comme des cons, ils se remettent à épargner dans de la vraie épargne (et pas dans le Ponzi immobilier ou dans la dette publique), et ils rachètent leurs vrais actifs via un fonds national pour les retraites. Et au passage, je rappelle que si on n'avait pas rasé gratis à crédit et qu'on ne s'était pas endetté comme des veaux, sans dette publique, les banques, elles n'auraient aucun pouvoir... Mais en plus, c'est sûr que la restauration du Glass Steagall et la création d'un système socialisé de crédit (et là encore, en utilisant au mieux l'intelligence de l'Internet) m'irait en plus très bien...

Le problème que je vois venir, c'est que ça va être beaucoup plus facile pour des populations qui partent de rien comme la Chine et l'Inde de s'orienter vers ça, que pour nos pays déjà les 4 pieds dans la merde du monde d'avant, de revenir en arrière pour ensuite reprendre une autre direction... Et vu que personne n'aide, il y a de fortes chances pour qu'on finisse dans les usines à bosser pour les chinois...

BulleDog : C'est pas une situation qui peut être réglée par quelques lois françaises ou mêmes européennes.

Il manque une gouvernance mondiale capable de rééquilibre les échanges internationaux et de limiter le coté néfaste de la finance internationalisée qui ne tourne que pour elle-même et contre les populations
Il manque un comité d'éthique mondiale et des moyens d'actions internationalisés capable de protéger le vivant partout sur la planète,
Il manque une vrai force militaire internationale pour lutter contre les despotes,
puis
Il manque en occident des think tanks ou des lobbies de citoyens capables de redonner sens aux valeurs individuelles, éducatives, citoyennes et de société.
Ensuite, les succès de l'agriculture raisonnée/responsable/durables doivent être défendus/promus/aidés
Le succès des entreprises coopératives doivent être défendus/promus/aidés.
Les consommateurs doivent être éduqués pour refuser d'acheter le plus bas prix peu importe son lieu de fabrication et ses conditions de fabrication, et son empreinte écologique.
Les industries propres doivent être promues (dans la mesure où économiquement on leur assure un retour sur investissement et une rentabilité).
Ceci doit être commencé localement, pour être disséminé partout sur la planète.

DiscoTonio : Mais c'est pas un projet ton truc, c'est juste un truc de petit occidental effrayé qui veut figer le monde tel qu'il est au moment où lui même est tout en haut. C'est du blougui boulga pour tenter de ressusciter un monde d'après guerre mythifié.

Quant à l' "éducation" des des consommateurs, la subvention à grands coups d'argent gratuit qu'on n'a pas de tous tes petits amis, la "promotion" de telle ou telle industrie... Comment dire...

Et enfin, les déséquilibres globaux, ça va surement pas te plaire, mais ils viennent avant tout de ce que les occidentaux consomment trop et n'épargnent pas assez et se font financer par les pays pauvres... La vraie solution aux déséquilibres globaux, elle va faire mal à ton pouvoirdacha...

Sinon, tout ça, c'est la voie parfaite soit, au mieux pour l'immobilisme et le pourrissement, au pire pour la 3ème guerre mondiale... Tu partiras sans moi dans les tranchées...

Ce qu'il faut, ce n'est pas un projet qui interdit tout de partout pour tenter de garantir à l'occident un niveau de vie qu'il ne gardera pas de toutes façons s'il n'a pas un réel avantage comparatif. Ce qu'il faut, c'est avancer...


Alors comme quand Gütemberg a inventé la presse, il s'en trouvera surement des qui auront peur du vrai progrès. Mais l'Etat c'est le système d'exploitation d'une société. On tourne sous Windows 3.1 avec rustine sur rustine. Il est temps de formater et d'installer quelque chose qui a plus de tronche...

vendredi 28 janvier 2011

De l'art de faire de la croissance

Comparaison entre le PIB US et le PIB par habitant US...   

Coincident Indicators vs Real GDP (1959-2011)
The Big Picture, 28/01/2011 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien


Le seul truc qui a sauvé le chiffre total jusqu'ici, c'est l'augmentation des bouches à nourir... Maintenant qu'on arrive au Peak Everything, on va voir si toute cette croissance démographique "heureuse" est une chance ou bien un boulet...

Parce que cela va sans dire, pour les crétins réjouis "progressistes", la croissance démographique, c'est le dogme absolu et Malthus n'est forcément qu'un affreux salaud qui a tort sur tout   Comme si être de plus en plus serrés sur la planète était un but en soi. Et encore plus un "progrès".

Et les progressistes de gôche de s'horrifier par exemple de la démographie du Japon, alors qu'ils sont toujours 127 millions sur les deux tiers de la France, dont la plupart montagneux...    Ils sont sensés aller jusqu'où comme ça ? 300, 500 millions ? C'est quoi la limite au "progrès" ?

Ces idiots ne se sont jamais questionné une seconde sur le progrès qu'apporte réellement d'être plus nombreux ? Ils récitent ça comme une litanie. "Croissez, multipliez"... Ils n'ont jamais juste pensé qu'ils étaient les crétins utiles d'un système monétaire et politique qui avait besoin de cette croissance/inflation de la population pour que les mauvaises dettes et les fausses promesses passées (retraites en tête) puissent être quand même remboursées et payées sans douleur ?

Aujourd'hui, l'humanité change de régime. Et les faillis essaient de résister autant que possible à la fin de la croissance facile par la seule augmentation de la population. Surtout que maintenant que les ressources vont être rares et vont devenir LE facteur limitant (et non plus les hommes et le travail), la croissance de la population n'entrainera plus de croissance du PIB mais juste un appauvrissement de chaque habitant.

J'imagine que les faillis vont essayer de refuser jusqu'au bout du bout le fait que le monde rentre dans un nouveau régime. C'est que, excusez du peu, c'est ni plus ni moins que les fausses promesses de grasses retraites et les patrimoines bidons des croulants qui sont en jeu, tout de même... Alors ça va résister à la déflation. Est-ce qu'ils iront jusqu'à l'explosion ? L'avenir le dira.

La vraie solution : la déflation des goinfres, le retour aux bases des Lumières, du capitalisme et de la méritocratie, savamment enterrées en 30 ans de récurage de cerveau et de pillage de la génération faillie. La retraite en bon ordre tout de suite, sur une ligne de front tenable, pour éviter la déroute finale de la faillite généralisée plus tard.

mardi 11 janvier 2011

Sur les affreux prôfits et les méchants actionnaires

Je rebondis sur ce post-ci sur les 43 milliards de dividendes du CAC40, et ce commentaire que l'on m'a laissé :
Il y a des partis et syndicats, plutôt à gôche et moustachiste, qui demandent à ce que les retraites soit payées en partie par une taxe sur les profits du CAC.

Quand je lis ça, il me semble vraiment essentiel de récurer un peu la merde que certains ont dans le cerveau après 30 ans de lavage de cerveau moustachiste et de la tartuferie de gôche...

Tout d'abord qu'est ce qu'un actionnaire ?

Vous avez des gars qui ont un projet et veulent créer ou développer une entreprise. Ils ont pour se faire, en gros, deux moyens de financer leur développement et leurs investissements. Soit ils empruntent à une banque, soit ils lèvent du capital. C'est à dire qu'ils vont émettre des actions, et que des gens vont leur apporter leur argent en échange de rien immédiatement, ni d'aucune garantie, si ce n'est qu'ils auront droit à une part des profits générés en proportion de la part totale du capital qu'ils détiennent.

Ainsi, les actionnaires sont les propriétaires des profits et le moyen le plus simple de valoriser une action, est ce qu'on appelle le PER, le Price Earning Ratio. C'est à dire la somme totale des profits rapportée à la capitalisation boursière (la somme totale de toutes les actions).

Ainsi, l'actionnaire est de ces acteurs qui financent réellement les entreprises et leur apporte des capitaux pour qu'elles puissent investir et se développer. Bref, ils sont extrêmement utiles à l'économie, à la croissance.

Sur les profits, ces derniers servent avant tout aux entreprises à faire de l'investissement sur fonds propres. L'idée même que le profit est un problème est une aberration moustachiste sans nom. Le profit est l'huile nécessaire au fonctionnement, au développement et à la croissance. Sans profits, plus personne n'investira et tout le monde préférera thésauriser son épargne : il n'y a aucune raison de risquer de tout perdre en échange de rien. Car le risque de perte de l'actionnaire est réel. Sans rémunération, pourquoi irait-il placer son épargne ?

Et alors que le PIB peut se décomposer, pour simplifier, en consommation tout de suite et en investissements pour l'avenir, on voit comment l'investissement (c'est à dire le capital, la richesse et la croissance future) se vautre en France, alors que tout est fait pour raser gratis aujourd'hui sans se soucier du lendemain, et pour détourner les épargnants du financement de la vraie économie, pour alimenter le Ponzi fiscal de l'État et payer les faux acquis "sociaux" à crédit des vieux goinfres...


Du coup, les assauts répétés de la tartuferie contre les profits révèlent selon moi une réalité beaucoup plus profonde, qui est la haine que portent les goinfres de la fausse gôche à l'idée même de méritocratie, et que quelqu'un qui aie une bonne idée, soi méritant et compétent, se sorte les doigts, puisse gagner plus qu'eux... Une sorte de volonté permanente d'égalisation par le bas et d'alignement sur les médiocres...

Et pour en revenir au fait que les actionnaires soient des goinfres. Revenons tout de même objectivement sur l'histoire récente...

La rémunération de l'actionnaire se décompose en deux parties : la hausse des cours (les gains en capital) et les dividendes.

Alors que le CAC est aujourd'hui à 3800, je vous laisse admirer sur ce graphe du CAC40 comment les actionnaires se sont goinfrés de gains en capital...


Ajusté de l'inflation que j'ai essayé de mettre à la louche dans la pente, on voit que la valeur du CAC est en gros la même que celle en 1998. Les actionnaires n'ont rien gagné de ce côté ci en 12 ans. 0% de rendement net d'inflation !

Et il y a bien ceux qui arrivent à surfer sur les bulles et les ponzinomics, à vendre haut et à acheter bas, mais ceux là on s'en fout, c'est du jeu à somme nulle. Ce sont juste des actionnaires qui se dépouillent entre eux.

Quand aux 40 milliards de dividendes, la capitalisation boursière du CAC est grosso modo de 1000 milliards d'euros. C'est à dire que les actionnaires vont toucher 4% de rendement. La belle affaire. Vus les risques de perte pris, je trouve pas ça cher payé...

Et donc, même si tout le fonctionnement du système de bourse et d'actions est loin d'être blanc comme neige, et que je préfère en rester éloigné, la fixette que fait la fausse gôche sur les actionnaires ne permet que de mieux cacher les vrais goinfres.

  Les assurances vie :
Aujourd'hui, on a en France 1200 milliards d'euros d'encours en assurance vie, pour l'essentiel en "euros", c'est à dire en dette publique. Encours qui rapporte généreusement 4% l'an, sans risques et "garanti". Le tout en plus, défiscalisé. Cette épargne sans risques est une fausse épargne. C'est du vent. Il n'y a aucun actif derrière. Ce sont juste les croulants qui ont refusé de payer leurs impôts en leur temps et se sont acquis en plus de ça un droit sur les impôts futurs de leurs enfants. Ils ont transformé les impôts en rente pour eux mêmes. Naturellement, la fausse gôche n'y voit aucun problème puisque cette escroquerie permet de "financer" son Ponzi d'acquis "sociaux" et de "sôlidarité", où les jeunes pauvres donnent tout leur pognon aux vieux riches.

Typiquement, histoire de bien toucher du doigt le vol caractérisé, aux dernières nouvelles, l'État s'est quand même endetté de quelque chose comme encore 10 milliards pour payer les retraites. Retraites qui sont absolument grotesques, et qui alors que les vieux ont objectivement la plus grosse capacité d'épargne au vu de leurs rentes débiles, vont être en grande partie investies dans cette dette publique, histoire d'augmenter toujours plus l'octroi que les vieux posent sur les impôts de leurs propres enfants par leur racket "social".

Et rappelons quand même que, cerise sur le gâteau, les "revenus" (le vol des recettes des impôts) que les escrocs font sur cette fausse épargne sont défiscalisés !   

  L'immobilier :
Idem, que dire du patrimoine des français quand on voit ça :


Regardez la partie "Terrains". +3000 milliards d'€ en 10 ans. 300 milliards d'€ par an. 8 fois ces dividendes record du CAC, tous les ans... Et j'aimerais qu'on m'explique concrètement quelle richesse ont donc créé ces vieux ducons qui se sont assis sur leurs mètres carrés et qui après avoir tout squatté, ont crée une pénurie artificielle de logement pour les jeunes ?

Mais là encore... Pas de problèmes... Ce ne sont pas eux les méchants... Puisqu'on vous dit que ce sont les affreux profits cracra-sâles et les actionnaires...  Et il ne viendrait à l'idée de personne dans la fausse gôche que plutôt que de faire une fixette sur les actionnaires, il faudrait baisser les retraites objectivement trop élevées, restaurer des droits de succession dès le premier euro, et massacrer d'impôts cette fausse épargne.

Bref, quand je lis ce commentaire, je me dis qu'on est encore bien loin de se débarrasser de cette fausse gôche de tartufes qui veut instaurer son pays de médiocres petits rentiers... Pays qui, vu comme il alloue son capital, finira clairement par être pauvre et sans croissance. La Bulgarie des grandes heures de l'URSS... Car alors que les vieux sont en train de détruire le capital et de cramer les meubles pour se chauffer, au nom de l'acquis "social" (car c'est vraiment ça qui se cache derrière la bulle immobilière, leurs assurances vies et la dette publique), de détruire la méritocratie et de restaurer la société de la rente et de la naissance, il est clair qu'on ne méritera pas longtemps de rester un pays riche.

Et d'ailleurs, si on continue comme ça, l'histoire va très vite s'occuper de nous...

Et enfin, pour conclure, les profits, il ne faudrait pas les taxer, il aurait fallu les acheter. Mais bon, ça aurait demandé autre chose qu'une gôche qui rase gratis ses clientèles en offrant la retraite à 60 ans à crédit. Et d'avoir à la place de ces escrocs une vraie gauche responsable, qui crée plutôt dès les années 80 un giga fond de réserves pour les retraites qu'on aurait truffé d'actions... Histoire que les sus-dits dividendes servent à payer les retraites, et que les jeunes aujourd'hui ne se retrouvent pas à payer deux fois, et les faux droits à la retraite par répartition, et les dividendes du CAC40 qui partent pour moitié à l'étranger.

Mais c'est vrai que c'est tellement plus de gôche que de s'offrir pour soi même des susucres à crédit en se disant que ses propres enfants les rembourseront...

dimanche 9 janvier 2011

Sur la presse française

Comme vous l'aurez remarqué, bien que français, je préfère de loin m'informer avec les médias anglo-saxons plutôt qu'avec le vomi permanent de faits divers et de contre-vérités moustachistes de la presse de gôche comme de droâte française, avec son cadre d'analyse bien suranné et rance, resté bloqué dans les années 70. Comme si tout s'était figé en 68. Écrit par des croulants (au moins dans leur tête), pour des croulants...

Et on pourra lire avec intérêt dans ce post de h16 pour le moins caustique, les résultats extraordinaires de cette presse d'exception qui fleure bon la naphtaline, pour apprenti rentier, voleur sôlidaire de 50 ans et plus.

Après avoir passé 30 ans à mariner dans son jus, à se vautrer dans la bien pensance confortable, à ronronner tranquillement, à accompagner et conforter les tartufes baby boomers (et plus), pendant que leurs faux patrimoines grossissaient et que les réalités et problèmes les plus évidents étaient tus, pour continuer à baigner dans la moiteur confortable de la lâcheté des faillis et que surtout aucune décision courageuse ne soit prise, on les sent tous un peu démunis et sans cadre d'analyse maintenant que sonne l'heure du grand reset du Ponzi et du susdit vol "sôlidaire", et que plus rien n'arrive à empêcher tous les problèmes cachés depuis 30 ans de déborder de la fosse septique...

Une presse si chère et si peu lue
hashtable, H16, 08/01/2011 (en Français texte en français )
→ lien
le chiffre du tirage de l’ensemble des quotidiens nationaux, une fois débarrassé de sa gangue de pipeau visant à le faire gonfler, s’établit maintenant à moins de 600.000 exemplaires.

Oui, vous avez bien lu : les grands quotidiens nationaux, si l’on omet les tirages distribués gratuitement, arrosent péniblement 600.000 lecteurs payants par jour. Pour 65 millions de Français, c’est plutôt mince. Cela fait un petit pourcent. Et si l’on considère seulement les foyers fiscaux qui payent quelque chose, soit 26 millions et des brouettes, cela veut donc dire que sur 100 Français qui payent pour cette presse sans fond et sans fonds, un peu plus de 2.26 la lisent.

la Tribune est si peu lue qu’elle s’est récemment placée en procédure de sauvegarde (étape par laquelle est passée Libération en son temps), le Monde est en déficit quasi-chronique depuis plusieurs années (déficit dont la taille ramène celui du Monde Diplodocus, serpillière gauchiste au lectorat confidentiel, au rang d’aimable bévue comptable); quant à l’inénarrable Libérasssion, vernis culturel officiel de l’intellectuel parisien à la mode, il patauge dans les pertes, d’argent et de lectorat, au point que les rats envisagent de plus en plus ouvertement de quitter un navire qui n’a rien du Titanic et tout d’une petite barcasse de pêcheur trouée, abandonnée à même la plage.

Les gens de qualité qui sont actuellement acoquinés à ces étrons de papier, pour des raisons alimentaires, j’en suis sûr, sauront se reconvertir, trouver des débouchés à leurs talents. Et les autres retourneront à leur métier de base : la voyance ou la chiromancie.

La France peut avoir une presse de qualité. Mais avant cela, il faut définitivement terrasser l’exécrable production actuelle !

A quand un ZeroHedge français sur papier   

Typiquement, plutôt que de se contenter de copier/coller les dépêches AFP ou de tendre le micro tout mou aux toujours mêmes "experts" qui ne comprennent rien, ils pourraient employer des journalistes à ... je sais pas moi... réellement produire de l'information.

Revenir à la base : faire de l'investigation. Mais attention, pas de l'investigation où on envoie un gugusse au bout du monde filmer des images bien sanglantes de je ne sais quel clan qui tire à la kalach sur je ne sais quel autre clan, histoire d'avoir des images choc pour occuper le cerveau reptilien du peu de lecteurs qu'il leur reste... Les agences de presse font déjà ça très bien.

Non, je parle de faire de l'investigation statistique. Avec des gars payés à aller éplucher et compiler les chiffres publics du fisc, à faire chier les gars de l'INSEE pour obtenir des séries d'information inédites, sur des axes encore jamais analysés... Histoire de produire de vraies analyses et de regarder le pays comme il est et pas comme on voudrait qu'il soit. Et de regarder vraiment dans les entrailles du biniou plutôt que de juste se contenter d'en effleurer la surface.

Quelques pistes :
  analyser quelle part de la croissance française est due aux prix débiles de l'immobilier, alors qu'il est évident que sans cette bulle immobilière, ce pays est en récession depuis plus de 10 ans... Éplucher aussi au passage la composition du PIB...
  sortir des graphiques à jour des revenus des 1%, 0,1%, 0,01% les plus riches, à la Piketty.
  analyser le budget de l'État, (tout compris, avec la redistribution, la sécu toussa toussa), et voir qui paye pour qui, par âge, et combien.
  analyser la composition des déciles de revenus et de patrimoine par âge.
  analyser qui détient les assurances vie, par âge. Et l'évolution des patrimoines par âge au cours du temps...
  analyser comment la France se comporte comme un Lehman Brothers géant et sauve (pour l'instant) sa balance courante, en empruntant à pas cher pour prêter aux PIIGS par l'intermédiaire des assurances vies et de la fausse épargne des français... Avant la grande faillite...
  analyser qui sont les propriétaires et les locataires.
  avoir de vraies statistiques sur l'immigration.

Et peut-être qu'en informant réellement les gens sur la réalité du pays, ils arriveront à revendre du papier. Mais bon, ça nécessite d'avoir des journalistes capables de faire un tableau excel, de trier sur une colonne, et de faire une règle de trois.

Et c'est sans compter qu'informer réellement les gens rentre en conflit direct avec leur première prérogative (et que j'imagine indispensable de respecter pour espérer toucher les subventions de l'État) qui est de maintenir la confiance dans le Ponzi de l'occident, quoi qu'il arrive.

Bref, l'exact contraire de ce qu'ils font aujourd'hui, avec ces articles à la con, à ne faire que du qualitatif littéraire et jamais de quantitatif rigoureux, à faire de la quantité et de la page, où on fait baigner les gens dans le bruit de fond et on leur donne l'impression qu'ils sont informés. Le genre d'articles où on vous explique en 700 mots que l'ISM est ressorti à +3,47% entre novembre 2008 et novembre 2009, avec force blabla, et tendage de micro mou à je ne sais quel "expert" pour meubler avec des quotes déformées au milieu, sans jamais ne serait-ce que mettre un graphique de la donnée sur longue période... Comme si les gens avaient le temps de se farcir tous les jours 40 pages de blabla et de brassage d'air qui pourraient tenir en 2 pages. Si la presse se contente juste de broder et de faire de la prose pour "délayer" les infos des agences, c'est juste de la perte de temps pour le lecteur... Même plus les croulants...

vendredi 7 janvier 2011

One size fits all + protectionnisme

Un article de Jacques Sapir sur l'euro, d'abord :

Comme quoi la surévaluation de l'euro, pour qu'il colle aux intérêts allemands, par rapport au taux d'intérêt naturel de la France, aurait couté 400 milliards à la France :
L'euro fort nous a coûté 403 milliards d'euros. Cash!
Marianne 2, 06/01/2011 (en Français texte en français )
→ lien


La surévaluation de l’euro a coûté environ 1% de croissance par tranche de 10% de surévaluation.



En fait, la zone euro telle qu’elle fonctionne aujourd’hui est cohérente avec une certaine politique, qu’il s’agisse de la sphère financière ou de l’économie réelle. Cette politique a eu des effets négatifs absolument indubitables et, de 2005 au troisième trimestre 2010, nous a coûté 10% de croissance au minimum.

Soit nous pouvons changer le fonctionnement de la zone euro, soit nous devrons la quitter. Mais, il est clair que dans sa forme actuelle, la zone euro n’a pour nous que des inconvénients. Il vaudrait mieux que la première solution prévale. Mais pour cela il nous faut construire un rapport de force avec l’Allemagne et cesser d’approuver tout ce qui nous vient d’outre-Rhin.


Et une interview de Todd qui revient sur le protectionnisme :
Emmanuel Todd : « Je serais très étonné que l'euro survive à 2011 »
Tout sur la Chine, 05/01/2011 (en Français texte en français )
→ lien
Que retiendrez-vous de l'année 2010, qui vient de s'achever ?

Je dirais que ce fut une année charnière. C'est l'année où les croyances, économiques et politiques dominantes de l'Occident sont arrivées au bout de quelque chose.

D'abord dans la gestion de la crise économique. J'ai été frappé par la prise de conscience concernant la relance, telle qu'on l'avait conçue lorsque la crise financière, puis la crise de la demande mondiale ont été diagnostiquées - chose qu'il fallait faire, précisons-le... -, qui n'allait pas suffire. Et pour une raison très simple : les plans de relance ont, à la rigueur, relancé les profits dans les économies occidentales, ont regonflé à un niveau acceptable les indicateurs boursiers, mais n'ont pas fait repartir l'emploi, les salaires. Malgré ces plans, la dégradation du niveau de vie a commencé ; aux États-Unis, les indicateurs mettent même en lumière une diminution de l'espérance de vie...

Les gens ont donc compris que dans une économie ouverte, dans un régime de libre-échange, si l'on réinjecte des signes monétaires ou des moyens de payement dans l'économie par en haut - plutôt par le système bancaire qu'autrement -, on crée de la demande, mais que cette demande ne modifie absolument pas le mécanisme de la compétition sur les salaires, mais que cela relance tout simplement les économies à bas salaires. En France par exemple, et j'imagine ailleurs, les plans de relance de l'après-crise ont abouti à une accélération de la désindustrialisation et des délocalisations...

C'est le deuxième tournant. Le premier concerne le premier élément de la pensée unique : le libre-échange. Le deuxième est sur l'euro. L'acquis du dernier trimestre de 2010, c'est qu'on est arrivé au bout de la croyance en l'euro comme horizon spécifique pour l'Europe. Il s'agit donc d'une année chargée en termes de prises de conscience !

L'image qui me vient, c'est « acharnement thérapeutique » ... L'euro est une abstraction. Les sociétés nationales, avec leurs cultures, existent toujours. Il y a des différences de mentalités, de rythmes démographiques, il y a des traditions de discipline salariale en Allemagne qui ne sont pas concevables en France...

De deux manières : par le bas ou par le haut. Par le bas, c'est admettre que l'euro est foutu. Puis on en sort et on revient aux monnaies nationales. Pour moi, ce n'est pas optimal : je ne suis pas du tout partisan de la disparition de l'euro. Simplement le système actuel est le pire concevable parce qu'il détruit une partie de l'industrie européenne, il dresse les Européens les uns contre les autres, il met l'Allemagne dans une position de domination mais aussi de cible, d'ennemi collectif pour l'Europe...

La sortie vers le haut : on veut sauver l'euro, on y tient vraiment et on accepte l'idée que le problème mondial, c'est le libre-échange, l'insuffisance de la demande. On fait revenir l'Europe à sa conception initiale de la préférence communautaire. On dit que l'Europe a le droit, dans un monde en guerre sur les coûts salariaux, de faire un virage protectionniste. On établit un protectionnisme européen raisonnable, coopératif, qui permet de relancer les salaires, l'investissement, la demande à l'échelle du continent.

Pour moi, l'explosion de l'euro, c'est une probabilité de 90 %. Ce qui provoquerait un trou d'air idéologique formidable mais, dans ce contexte, j'ai très très peur de l'effet de délégitimation des élites.

Mais la chute de l'euro mettrait l'Allemagne à genoux, et les Allemands sont en train de comprendre qu'ils sont les principaux bénéficiaires de l'euro. Quand des Allemands disent qu'ils en ont marre de l'euro, marre de payer ces plans de sauvetage des États, qu'il faut en retourner au mark, etc., je pense qu'ils bluffent !

La lecture que je fais perso de ces deux textes, c'est qu'on ne sait plus trop quoi inventer pour promettre aux français qui vivent largement au dessus de leurs moyens qu'on va pouvoir continuer...

Il n'y a qu'à voir ces délires sur le pouvoir d'achat. On vit à 3 avec ma femme et ma fille, en location dans un grand appart en plein centre ville de Bordeaux, et on vit très bien avec 2300€ par mois... Tout le reste on l'épargne. Et on n'a pas le sentiment de se priver. On sort, on achète ce dont on a besoin, on ne s'ennuie jamais (ha ça non... si il y a bien un truc qui manque, c'est le temps)... Mais bon forcément, on va pas au karting tous les week ends, on n'a pas de voiture et on fait de l'auto partage, on prend le tramway, on ne s'habille pas en jean diesel et on ne fait pas 3 voyages par an au bout du monde...

Tout le monde veut des mp3 à 40€ et des ordis à 300€, des salaires à 2000€, le tout en en foutant le moins possible et en bouffant dans la gamelle des autres. Il arrive un moment où ça en devient vraiment burlesque d'entendre ces gens promettre à tout le monde que ça va pouvoir continuer gentiment comme ça...

Sur l'euro, plus spécifiquement, le vrai problème, ça a été
  l'incapacité à réformer pour remettre tout le monde au travail (en supprimant notamment le salaire minimum à seuil pour un salaire minimum redistributif),
  l'incapacité de réformer l'État pour lui apprendre les affreux mots cracra-sales de rentabilité et de productivité, en informatisant tout ce qui peut l'être et en supprimant les postes de gratte papier et de fonctionnaires payés à creuser des trous le matin pour les reboucher l'après-midi...
  l'incapacité à faire de la vraie croissance autre qu'en organisant une pénurie immobilière,
  et surtout, l'incapacité à organiser la déflation en interne des goinfres. On a aujourd'hui un retraité pour deux actifs. Retraité qui touche en plus, plus que les actifs eux mêmes, sans loyer à payer, ni enfants à charge. Pour chaque 1000€ net que vous touchez, il y a 500€ de plus que votre patron doit payer pour aller goinfrer un vieux. Et ensuite on vous explique que vous n'êtes pas compétitifs...

Et rien n'a bougé grâce à l'immobilisme forcené de la croulantocratie moustachiste qui n'a rien d'autre à la bouche que "salauds de riches"... Sans jamais se rendre compte que ce sont eux justement les salauds de riches, avec leurs rentes en euros lourds qu'ils épargnent ou dépensent en produits chinois (puisqu'ils ne manquent pas de trouver eux mêmes que le produit français est trop cher vu que son prix inclut la rente de ces goinfres)...

Et la déflation, les escrocs et toute la tartuferie de gôche essaie d'en faire subir le poids aux jeunes, aux productifs et aux méritants... La solidarité a été totalement dévoyée et l'État a été utilisé par les forts pour dépouiller les faibles. Et on a complètement perdu de vue des évidences élémentaires comme le fait que la solidarité, c'est le chanceux qui aide le malchanceux, pas le faible qui donne tout son fric au fort. Et j'attends le jour où on va annoncer qu'on va arrêter de soigner les enfants malades pour ne surtout pas toucher aux rentes débiles des croulants.

Alors on nous agite de temps en temps à la télé un de ces spécimens (ancien résistant si possible, c'est mieux), comme Hessel, qui nous font de beaux et grands discours creux sur la République et le devoir d'indignation, avec force moulinets de bras. Et ils nous font la morale sur le devoir de "sôlidarité" du haut de leurs grasses retraites pour lesquelles ils n'ont jamais cotisé et de leurs rentes acquises sur 30 ans de ponzinomics... (je serais d'ailleurs curieux de savoir combien il touche par mois en rentes diverses le grand héros de la gôche, et combien il épargne là dessus, du pouvoir d'épargne qu'il vole aux jeunes).

Naturellement, le seul vrai ressort de la République, c'est la méritocratie, la lutte contre les privilèges, la société de la naissance et de la rente... Mais bon, ça, faut pas trop le dire, vu que l'ancien régime, c'est justement ce que la génération faillie est en train d'essayer de rétablir... On va donc plutôt rester dans l'abstrait, à enfoncer des portes ouvertes et à brasser de l'air...

Et de voir là dessus les croulants en devenir, (multi)propriétaires, qui se sont promis 2000€ de retraite, et défilent en braillant "salauds de riches" derrière les drapeaux rouges, en pointant vers mémé Bettancourt, alors qu'avec minimum, 500€ de transfert odieux par mois, des jeunes vers les croulants, c'est tous les deux mois l'équivalent de la dite fortune de mémé Bettancourt qui passe odieusement des mains des jeunes aux vieux...

Et qu'on ne se méprenne pas. Les riches ploutocrates de Neuilly vont devoir aussi revenir au sens commun et arrêter de fuir l'impôt. Mais ce n'est pas le cœur du problème. Les ordres de grandeur ne sont juste pas les mêmes.

Idem sur le protectionnisme...

On a d'un côté le moteur de la planète qui est désormais en Asie, avec ses 3 milliards de consommateurs en devenir et ayant besoin de s'équiper en tout, avec la force de travail et la jeunesse (surtout l'Inde), l'optimisme et le progrès, une méritocratie qui va dans le bon sens et se construit doucement, peu de rentes et d'acquis "sociaux" à payer aux goinfres, l'éducation qui s'améliore.

Et de l'autre l'Europe, avec son petit marché de renouvellement de 300 petits millions d'habitants déjà suréquipés, vieillissante, plombée par les goinfres qui veulent tous bouffer leur repas gratuit sur la bête, un niveau d'études en chute libre, un pessimisme (justifié) en hausse, une méritocratie que les croulants détruisent méthodiquement...

Comment penser que fermer les frontières n'amènerait pas immédiatement à finir de nous couper du seul moteur de croissance que l'on pourrait espérer utiliser... Un nouveau rideau de fer. Sauf qu'on sera du mauvais côté et que l'URSS et les trabands, ça sera chez nous... Les économies d'échelle et la productivité ne seront très bientôt plus chez nous... Comment croire une seconde qu'on va rester les leaders, qu'on va se contenter de garder les boulots qui gagnent bien, concevoir et que eux vont se contenter de nous acheter nos produits hors de prix en échange de matières premières... C'est juste risible   

Surtout que maintenant, visiblement, les émergents (Chine en tête), ont compris qu'il fallait qu'ils redistribuent et créent une base de consommation intérieure... Game over. La partie est pliée... Il va falloir qu'on raterrisse, d'une manière ou d'une autre.

Nos élites ont tout essayé pour faire croire aux occidentaux qu'ils allaient pouvoir continuer indéfiniment à péter plus haut que leur cul, à vivre au dessus de leurs moyens et consommer pour bien plus qu'ils ne produisent. En fait, tous ce que ces gens (très souvent de gôche au demeurant) promettent, ce n'est ni plus ni moins que des montages bidons pour gagner un ou deux ans de plus d'esclavage à crédit des émergents...

Maintenant, la fête est finie. Soit on se sort les doigts et on redevient compétitifs, soit on va vraiment avoir le niveau de vie qui correspond à ce que l'on produit réellement. La fête au raz'gratis se termine dans la faillite générale... C'est l'heure d'assumer 30 ans de lâcheté, de fuite en avant, de ponzinomics et d'utilisation de la démocratie pour dépouiller les faibles. Les repas gratuits à crédit, c'est terminé. Il est plus que temps que la jeunesse ouvrieuse se réveille, reprenne le pouvoir et organise la déflation des goinfres...

jeudi 6 janvier 2011

MV=PQ

Petites réflexions personnelles sur cette formule essentielle pour bien comprendre la monnaie. J'ai surement pas mal réinventé la roue ici, mais je ne trouve pas ça dénué d'intérêt.

  Alors tout d'abord, la base :



Imaginons une économie où on a 10 pièces (M = 10), et dont la production consiste chaque année en 10 billes bleues (Q = 10). Chaque pièce est dépensée en moyenne deux fois sur une année (V = 2). Du coup, on a chaque année 20 de monnaie (M x V = 10 x 2) qui sont échangés pour des achats.

Ainsi, le prix P d'une bille va s'établir à 20/10 = 2.

M x V = P x Q.

Ou P = M x V / Q

Il y a alors deux façons de considérer l'inflation. Soit c'est P qui augmente. Soit c'est M x V qui augmente.

Ainsi, pour P, on voit aisément que si à M x V constant, Q augmente, les prix baissent. C'est grosso modo la déflation quasi systématique qui a eu lieu dans un système d'étalon or en pleine croissance, comme au XIXème siècle, où M x V grossit bien moins vite que Q augmente...

A l'inverse, si Q, diminue, P va augmenter.

Enfin, pour les petits malins qui voudraient multiplier les pièces, si M x V augmente, à Q constant, P augmente.

  La richesse des nations :

Dans le monde, chaque nation à un M x V propre, et un taux de change entre les différentes monnaies. On peut donc aisément rapporter le M x V de chaque nation en $ par exemple. Et ainsi, on a une idée de ce qu'est le M x V de chaque pays dans la masse monétaire totale.

Je n'ai pas cette information là dans le temps, mais le PIB peut faire une première approximation du M x V :


On voit sur ce graphique l'évolution des PIB des différentes nations au cours du temps, en pourcentage du PIB total.

Du coup, dans ce graphique, plus le M x V d'une nation représentera un pourcentage élevé du M x V total, plus cette nation sera riche, et aura accès à une part importante des richesses et des ressources totales, en fonction de ce pourcentage.

  Le Peak Everything :

Imaginons maintenant un monde, où le M x V de l'occident stagne voire baisse (déflation, M stable voire en baisse, V en baisse), le M x V des émergents explose, et le Q des ressources reste stable ou augmente bien moins vite que le M x V total. Dans ce monde là, la proportion du M x V de l'occident baisse, et ainsi, la part du Q qui lui revient baisse. Ce qui signifie pour l'occident que le P augmente.

C'est ce qu'on voit dans la hausse des matières premières. Avec la croissance des émergents, le M x V total de la planète augmente fortement, et Q ne suit pas. Ainsi, P grimpe en conséquence pour tout le monde (même si la spéculation derrière déclenche des effets d'interrupteur, des hausses brutales et une forte volatilité, plutôt qu'un ajustement progressif). Naturellement, si P augmente aussi pour les chinois, la part de leur M x V dans le M x V total augmente plus vite, et globalement chaque chinois a en moyenne accès à de plus en plus de ces richesses (en gros les salaires augmentent chez eux bien plus vite que les prix).

A contrario pour nous, l'inflation à 2,2% annoncée par la BCE est une inflation importée. Il y a ce qu'ils appellent l'inflation sous-jacente (la "core inflation") et qui mesure l'inflation liée à la hausse du M x V. Celle ci est très basse. En revanche, l'effet de la baisse ressentie de Q pour l'occident joue à plein. Cette inflation là, ne sera pas suivie par les salaires. L'inflation qui est suivie par les salaires, c'est celle liée à l'augmentation du M x V (la quantité de monnaie x le nombre de fois où elle circule).

Dans ce contexte, les dettes vont sembler de plus en plus lourdes, et l'inflation ne viendra pas du tout alléger le fardeau des endettés, bien au contraire, alors que le reste à vivre diminue partout et que cette baisse du reste à vivre enclenche une récession (stagflation : inflation + récession) et renvoie ainsi tout le monde en déflation (sur la partie M x V) et alimente la spirale inflation importée, avec Q apparent en baisse, M x V en baisse. Ainsi, dans ce contexte, si M x V suit selon l'effet décrit juste avant, on peut imaginer que P peut reste constant, alors que la baisse de M x V suit celle de Q. On entre alors en lente déflation, les salaires baissent, les dettes restent, et les gens s'appauvrissent (ce qui est de toute façon une fatalité avec la baisse de Q et le Peak Everything).

Et du coup, avec une cible d'inflation à 2%, ça signifie pour la BCE que sa cible de core inflation sur le M x V va devoir pour longtemps être nulle voire négative...

Et ainsi, alors que le M x V des émergents est durablement en hausse (voire carrément en surchauffe avec de très gros signes de montée de bulle de crédit chez eux), et celui de l'occident durablement en baisse (avec dégonflement d'une bulle de crédit), la part du Q qui va revenir à l'occident va se vautrer...

  Les différents types de monnaie :

Dans l'exemple au dessus, la monnaie sont des pièces. En réalité, il existe pour simplifier 3 types de monnaie :
  la fiat monnaie (comme les pièces ci dessus),
  les reconnaissances de dettes productives,
  les reconnaissances de dettes improductives, les mauvaises dettes, le "mal-investment".

Un pays dont la monnaie serait exclusivement constituée de fiat monnaie restera un pays pauvre. C'est grosso modo le cas de tous les pays du Tiers Monde où les gens n'ont pas d'épargne, où le système bancaire est inexistant. Et l'impression de billets à la Mugabe a bien fait voir ce qu'il advient généralement de ces systèmes monétaires là au cas où il viendrait à l'idée des dirigeants de juste imprimer massivement de la fiat monnaie.

C'était aussi le cas de l'occident tout au long du XIXème et ce jusqu'à l'abandon de l'étalon or, où les dépôts, le crédit et le système bancaire étaient peu développés.

Aujourd'hui, l'essentiel de la monnaie de l'occident, ce sont des dépôts qui ne sont grosso modo que des reconnaissances de dette (avec l'intermédiation de la banque). Dans ces créances, il y a les bonnes et les mauvaises dettes.

C'est ce qu'on appelle le capital financier d'une nation. Ça déplait fortement à la moustachie, mais grosso modo, plus une société est endettée, plus elle est riche. C'est ainsi. Son M x V est d'autant plus grand qu'il y a de créances. Et l'immobilisation naturelle de la monnaie que représente son stockage sous forme de dépôts ne menace pas de déclencher de l'inflation comme dans le cas de la planche à billets Zimbabwe like.

Ainsi, chaque société a ce qu'on appelle sa "debt carrying capacity" (sa capacité à porter de la dette), et cette dernière a tout intérêt à la remplir. Ainsi, tous les entrepreneurs et les investisseurs avec de vrais projets productifs trouvent à les réaliser.

En revanche, gare au feu de paille et à la bulle de crédit : une société est durablement riche si son capital financier est essentiellement constitué de créances productives. En cas de mauvaises dettes, gare au retour de l'élastique.

Ainsi, la dette publique que nous laissent les vieux est pour sa très grande majorité de la mauvaise dette alors qu'ils ont endetté l'État pour vivre à crédit, se payer leurs grasses retraites, pour payer des fonctionnaires à creuser des trous le matin et à les reboucher l'après-midi, à payer des arrêts maladie abusifs, du chômage de complaisance, à former de futurs caissiers à Auchan avec des études de bac + 8 en paléoanthropologie cognitive histoire qu'ils n'apparaissent pas comme chômeurs le plus longtemps possible... Et ils nous laissent l'addition de leur merde, sans qu'il y aie le moindre actif supplémentaire derrière. Ils ont bien joui, bien baffré et bien roté... Ils ont cramé le capital financier de leurs enfants et cette mauvaise dette va nous plomber durablement. Et naturellement, ils ont accumulé ces fausses créances adossées au festin qu'ils se sont payés... Et ainsi, vu qu'il n'y a aucun vrai actif derrière cette dette, toute l'épargne assise en contrepartie de cette dette odieuse, est une fausse épargne. Tout ce que les vieux ont réussi à faire, c'est à se poser un octroi sur les impôts futurs de leurs enfants.

Notez aussi que cette frontière entre bonne et mauvaise dette est fluctuante et qu'une bonne dette dans une période de montée de bulle de crédit, peut devenir une mauvaise dette lors de la crevaison de la bulle de crédit.

  Les mauvaises dettes peuvent donner un temps une illusion de richesse :

En effet, tout le temps que tout le monde s'endette comme des cons pour des actifs à des prix débiles, le M x V monte, un sentiment d'euphorie s'empare de la société. On a une sorte d'équation différentielle entre la variation du M x V , V lui même et la debt carrying capacity. Alors que M x V monte, et que le prix de tout augmente, les dettes apparaissent toutes comme des bonnes dettes... L'inflation auto alimente la bulle de crédit. La debt carrying capacity est remplie, et finit par être dépassée (alors que cette debt carrying capacity se trouve ajustée de la dérivée du M x V)...

Tout le temps de la montée de la bulle, l'inflation monétaire ne se ressent pas sur le taux de change, bien au contraire, alors que les neuneus affluent pour profiter du "miracle économique". Et la société a le sentiment d'être beaucoup plus riche alors que la part de son M x V dans le M x V total explose, et lui donne ainsi accès à de nombreuses richesses supplémentaires.

Puis vient la vautre...   

J'ai déjà pas mal développé cette histoire de debt carrying capacity ici et ici. Je vous invite à aller voir si ça vous intéresse.

Avec notamment ce graphe ci :