samedi 16 octobre 2010

Questionnements sur la "reponsabilité limitée"

Je me souviens avoir écrit ça il y a deux ans :

Questionnements sur la "reponsabilité limitée"

Je me permets de créer un fil car il y a tout de même pas mal de questions que je me pose sur la crise actuelle et à chaque fois j'en reviens au même point : la responsabilité limitée.

En gros, ça signifie qu'avec un statut à responsabilité limitée, si la société d'un capitaliste fait faillite, celui ci ne pourra pas se voir confisquer son patrimoine personnel pour rembourser les dettes de sa société.
Dans une économie financiarisée et qui aujourd'hui surfe sur les cycles de hausse et crée des bulles pour se gaver lors de la hausse, lors du dégonflement des bulles, la responsabilité limitée leur permet de garder l'argent extrait et de se déplacer vers une autre bulle en phase de montée pour recommencer la traite.

Avec le système de LBO et les actionnaires, les Hedge Funds, les banques et assurances, on voit aujourd'hui que les puissants ont profité de ce statut pour :
  LBO et actionnaires : acheter une société (à crédit pour les premiers), la détruire en transformant le capital en revenus, puis la société fait faillite. En cas de faillite, le contribuable rembourse et le voleur n'a qu'à refaire un autre LBO.
  Hedge Funds : miser de l'argent que l'on n'a pas, sortir l'argent de la boîte quand on gagne durant la hausse de la bulle, et faire faillite quand on perd durant la crevaison de la bulle. En cas de faillite, le contribuable rembourse et le voleur n'a qu'à recréer un autre Hedge Fund.
  Banques et assurances : on prête de l'argent et on assure de manière déraisonnable et on fait feu de tout bois en profitant de la montée de la bulle mais en prenant des engagements bien au delà du cycle de hausse. Tant que tout va bien, on extrait l'argent de la banque/assurance et quand ça ne va plus, rebelotte. En cas de faillite, le contribuable rembourse et le voleur n'a qu'à recréer une autre banque/assurance.

Visiblement, le système de la SARL est un statut ancien et existe en France depuis 1925. Mais je me demande si aujourd'hui, ce statut n'est pas abusivement utilisé pour extraire toute la croissance de l'économie, voire plus grâce à l'endettement des pauvres, pour la donner à des richards qui ne travaillent pas (en tous cas, pour ma part, je ne considère pas qu'un manager de LBO "travaille"...). L'argent est très vite sorti de ces sociétés devenues bidon et quand la faillite inévitable arrive, les voleurs gardent l'argent extrait et n'ont qu'à recommencer avec une autre société...

Ne serait-il pas temps de revoir ce statut ? Et corolaire : pourquoi une action ne pourrait-elle pas avoir une valeur négative ?

Et quel n'est pas mon plaisir de lire ça aujourd'hui sur The big Picture :

Banks (like Airlines) Have NEVER Made Money…
via The Big PictureAlan Abelson’s, 16/10/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.ritholtz.com/blog/2010/10/banks-like-airlines-have-never-made-money/
“[Butler] duly notes the key role banks had in the financial collapse and cites “one amazing statistic,” namely that “in the aggregate, banks have never made money over time.” Instead, “like the airlines, banks historically have seemingly made money hand over fist during good times, but they give it all back when the cycle turns.”But he asks, “How many bankers suffer the same fate when it comes to their own personal financial affairs?” And the answer to that question, Dennis believes, was a major factor in setting the stage for the encompassing financial crisis we’ve recently suffered through.

More specifically, he points to what he calls “a fundamental flaw in the corporate form of business organization—the lack of personal liability on the part of the people in charge.” The absence of personal liability is why individual bankers, whose feckless pursuit of loan volumes at the expense of loan quality caused “huge losses and public burdens,” were able to “walk away virtually unscathed” and loaded with loot.

The new reforms enacted by Congress may have a salutary effect for a spell. But he thinks that in the fullness of time, they’ll be diluted by lobbying and corruption of the regulatory oversight process. “As long as the incentives for personal gain and corporate risk-taking remain in place,” Dennis dourly concludes, “we fear that episodes of over-reaching will inevitably recur.”

samedi 9 octobre 2010

Sur le protectionnisme

Ces derniers jours, le thème du protectionnisme fait son grand retour. J'ai été moi même pas mal séduit au départ par les idées de Todd qui font leur bonhomme de chemin.

Mais la vérité qui dérange en fait, c'est que les occidentaux, qui ne manquent jamais de gueuler "salauds de riches" en tête des cortèges, ne leur en déplaise, sont les aristos décadents de la planète, à la sauce 1789. L'Europe occidentale n'est plus qu'un tas de pays vieillissants, de 150 millions d'habitants, suréquipés et sans demande, sur des marchés de renouvellement, de gens qui ne cherchent qu'à rien branler en bouffant dans la gamelle du voisin.

Les bulles immobilières, de fausse monnaie à crédit, et les déficits publics pour traire au maximum les jeunes actifs (comme le Scellier ou les APL par exemple), en sont d'ailleurs le vecteur le plus important, et qui permet aux riches rentiers papy boomers et cravateux parasitaires de se goinfrer (ceux là mêmes qui se goinfrent sans travailler sur des patrimoines mal acquis, pour avoir refusé de payer leurs impôts, qui votent massivement UMP, et qui ne manquent d'ailleurs jamais de hurler au parasitisme des RMIstes, pourtant insignifiant à côté de ce qu'ils traient). Vous savez, tous ces tartufes qui défilent sur BFM pour appeler à ce que la banque centrale fasse de la "croissance", lire, de la fausse monnaie pour se goinfrer encore un peu. Car si il y a un truc qui devrait être limpide aujourd'hui, c'est que les banques centrales ne font pas de la croissance, elles font des bulles. On ne fait pas de la croissance en "imprimant" de la fausse monnaie...   

Mais bon, on peut s'isoler en effet et se faire un petit monde étanche. Mais alors, il va falloir que les occidentaux acceptent de vivre sacrément moins riches. Mais pourquoi pas, ça se discute.

Mais là où ça pêche, c'est sur les ressources. L'Europe n'a plus de ressources. Et Todd explique qu'il suffira que les occidentaux échangent quelques produits high tech contre les ressources dont ils ont besoin.

Mais
  1) Avec le peak everything, les ressources vont devenir sacrément plus chères.
  2) Face à nous, la Chine a plus d'un milliard d'habitants, travailleurs, et qui manquent de tout. Et la demande, elle est là bas. Très vite, en couplant taille de la demande, et que chaque personne travaille plus, la recherche et développement aura une base beaucoup plus importante chez eux. Si on s'isole, avec les économies d'échelle que la Chine fera plus ses coûts de revient plus faibles, plus la masse de sa démographie, elle aura une recherche bien plus performante car diluée sur un PIB bien plus important. Et notre avantage technologique va se faire exploser. Déjà on le voit fondre à vue d'œil. Car avec 1% de 1300, on fait 13, quand avec 2% de 300, on fait 6... Du coup, je ne crois pas une seconde au fait que ce sera nous qui aurons les meilleurs produits à proposer en échange des matières premières.

En fait, la réalité, c'est que comme disent les ricains : "we are fucked".

Donc maintenant, soit on organise la retraite en bon ordre et on ratterrit (notamment en arrêtant d'un côté, de nourrir de fausse monnaie toute la clique parasitaire des croulants rentiers et cravateux, et de l'autre, en remettant tout le monde au travail en faisant évoluer le salaire minimum à seuil vers un salaire minimum redistributif), soit on pousse le Ponzi jusqu'au bout...

Jusqu'à la déroute.

mercredi 6 octobre 2010

Fitch dégrade l'Irlande

Fitch Downgrades Ireland From AA- To A+, Outlook Negative
Reuters via ZeroHedge, 06/10/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.zerohedge.com/article/fitch-downgrades-ireland-aa-outlook-negative
Fitch Ratings downgraded Ireland's credit rating to A+ from AA- and put it on a negative outlook, pointing to the bigger-than-expected cost of cleaning up the country's banks and uncertainty over economic recovery.

Allez, du coup, il est temps de mettre à jour la notation de l'Europe (surtout que je me rends compte que j'avais raté la dégradation de l'Irlande de 18 à 14 le 04/11/2009) :

  Notation de la zone euro
dernière donnée au 06/10/2010





  Données sources : NoteZoneEuro.xls