jeudi 30 septembre 2010

L'idéal de la société de propriétaires

Petites trouvailles statistiques merveilleuses de clarté de paulitis21 de la bulle-immo, toutes avec des données très officielles d'Eurostat ou de l'Insee.

  Taux de propriétaires (Insee)


  PIB (Insee)


  taux de chômage (Eurostat)


  inégalités (coefficient de gini) (Eurostat)


Et tadaaaa

Je vous ai fait des graphes corrélés de tout ça avec en abscisse le taux de propriétaires, et en ordonnée un indicateur majeur. Une régression linéaire est réalisée sur le nuage de points.

J'ai également enlevé les petits pays à la con d'Europe de l'est où ils sont tous propriétaires avec l'héritage du communisme...

Et voici, la corrélation de tout ce petit monde :





Et donc pour résumer, plus vous avez de propriétaires :
  plus vous êtes pauvres
  plus vous avez de chômage
  plus il y a d'inégalités

En même temps, à vouloir ressusciter la rente du XIXème siècle, des meilleurs passages de Dickens, ils espéraient quoi ces cons ?

En même temps, c'est complètement logique tout ça.

En faisant une "société de propriétaires", on crée tout de suite une prime à l'immobilier, une incitation à la pénurie immobilière pour faire monter la valeur des biens de ceux qui sont déjà rentrés dans le Ponzi. Du coup le logement cher rend le coût du travail non compétitif, les gens sont peu mobiles, on recrée la société de la rente et on ne fait que récompenser les glandus et les bien nés qui traient les vrais créateurs de richesses...

Bref, tout l'inverse de ce qu'il faudrait pour être un vrai pays riche.

Un vrai pays riche, a de très nombreux logements, surement en surnombre, avec des loyers à pas cher du tout.

La "richesse" immobilière est une richesse bidon, une sorte de valorisation d'une pénurie organisée et d'un droit de péage que s'octroient ceux qui sont déjà sur le marché (les vieux) sur les nouveaux arrivants (les jeunes).

Je crois qu'on peut vraiment dire qu'on se suicide à coups d'immobilier.

Sinon, réfléchissez bien. Comment croyez vous que les allemands ou les suisses puissent être plus compétitifs que nous ? Quand on demande 1300€ pour se loger dans un T3 à Antony, faut pas s'étonner que les gens exigent minimum 2500€ de revenus pour travailler...

D'ailleurs, je suis à peu près sûr que ces évidences finiront par s'imposer. La dynamique va finir par être cassée. Et ce jour là, je ne donne pas cher de la valeur du caillou. Et si jamais ce jour ne devait jamais venir, ça voudra dire de toutes façons qu'on sera devenu un pays pauvre. Dans les deux cas, moi, j'achète pas. Dans le premier, j'attends. Dans le deuxième, j'émigre.

mardi 28 septembre 2010

Comment dégonfler le Ponzi en douceur ?

Je ne vais pas refaire tout l'explicatif sur la balance sheet recession de Richard Koo (cf Richard Koo dans les tags du blog ou ce superbe pdf récapitulatif). Mais en gros, pour accompagner la déflation et le désendettement des ménages, Koo préconise d'endetter l'État à proportion afin que les ménages endettés continuent de garder leurs revenus et ne fassent pas défaut sur leur dette.

C'est effectivement la politique qui a été appliquée au Japon.



On y voit bien en effet que la dette totale du Japon n'a pas diminué alors que la dette publique a compensé le désendettement du privé.

Tout pourrait sembler génial si le Japon n'arrivait pas aujourd'hui à la fin de la course. Ils n'ont fait qu'acheter du temps. Et avec 200% de dette publique, le défaut et la faillite ne sont plus qu'une question de temps alors que les épargnants vont tous être rincés de leurs faux droits...

Voila la fin logique de cette dynamique refusant toute baisse de la quantité de monnaie. Car il ne s'agit que de ça : de refuser la déflation. C'est la politique du cliquet.

Et à lutter contre la gravité, à refuser la déflation dont ils avaient besoin, tout ce qu'ils finiront par obtenir, ce sera soit l'hyper déflation, soit l'hyper déflation, selon que l'État fera défaut ou monétisera tout ça...

Et donc, ContreInfo cite à ce sujet Martin Wolf du Financial Times (un journal dont le rôle premier est tout de même de défendre les intérêts de la communauté bancaire londonienne, rappelons le), qui en bon disciple de Koo, en appelle à plus de déficit public pour compenser le désendettement du privé.

Le privé ne peut se désendetter sans déficits publics (Martin Wolf, reco du jour + note CI)
ContreInfo, 27/09/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://contreinfo.info/breve.php3?id_breve=9811

Je vous mets ici l'introduction de ContreInfo :
ContreInfoComment liquider le surendettement des ménages, condition préalable à un redémarrage de l’économie ? Wolf revient sur une thématique chère aux Post Keynésiens : par construction, la somme des soldes revenus-dépenses des secteurs public, privé (entreprises et ménages) et étranger, est égale à zéro, les surplus des uns étant égaux aux déficit des autres.

A moins de faire défaut sur leurs engagements, les ménages ne peuvent donc se désendetter - sans réduire d’autant l’activité économique - qu’à condition que les entreprises s’endettent, ou que l’État soit déficitaire ou enfin que la balance courante soit excédentaire, ce qui dans les trois cas génère un flux de revenus, un surplus, en direction des ménages.

Les gains à l’exportation, en l’absence d’un appareil industriel adapté, n’ayant que peu de chance de se manifester, les entreprises investissant peu ou pas, la principale solution reste le déficit public, qui permet tout à la fois d’élargir l’assiette de la dette et de desserrer les échéances, tout en soutenant l’activité, accélérant ainsi le retour à l’équilibre.

Les partisans de l’austérité - jugée bonne en soi, indépendamment des circonstances - paraissent méconnaître cette contrainte structurante de la comptabilité nationale. Ce faisant, ils nous conduisent vers une période de stagnation, si ce n’est de nouvelle récession.

Par ailleurs, souligne Wolf, ce volet budgétaire doit être accompagné d’une restructuration de la dette des ménages, dont les créanciers devront également supporter le coût.

Martin WolfHow, then, can people reduce their indebtedness or restore their net worth, after an unforeseen fall in asset prices ? There are three mechanisms : sale ; bankruptcy ; and frugality. Let us consider each of these, in turn. But remember that, at the global level, debt cancels out : net debt is zero. So, in paying down debt, one is also reducing credit by an equal amount.

   People with assets that they no longer wish to hold and debts they no longer wish to bear, can sell the former to repay the latter. If this is to cancel debt, then the ultimate purchaser needs to be a creditor. Sale makes this a voluntary transaction.

This path to de-leveraging is going to be part of the story. But when the predominant asset is housing, as it is now, the willingness of creditors to purchase will be limited. ...

   The second approach is mass bankruptcy. In this case, creditors are forced to write down their loans to the value of the asset. That is clearly an important part of any de-leveraging. But since highly leveraged financial intermediaries stand between the ultimate creditors (households) and the ultimate debtors (other households), mass bankruptcy is going to wipe out the capital of intermediaries. That is likely to trigger panic, as losses cascade across the financial system. ...

   The third approach is repayment. ... While the highly indebted and the newly “asset-poor” have good reason to spend less than before the crisis, creditor households have no reason to spend more. ... The aggregate effect of these changes in behaviour is, of course, a rise in the desired household rate and so the desired financial surplus of the household sector.

It is a matter of simple logic, that, since the financial balances of the household, corporate, government and foreign sectors must sum to zero, a rise in the surplus of the household sector must be offset by an offsetting move in other sectors.

Tout tient dans cette phrase de ContreInfo :
Les partisans de l’austérité - jugée bonne en soi, indépendamment des circonstances - paraissent méconnaître cette contrainte structurante de la comptabilité nationale. Ce faisant, ils nous conduisent vers une période de stagnation, si ce n’est de nouvelle récession.

La réalité de l'occident, c'est que l'on pète plus haut que notre cul et que l'on joue à être riches. On refuse de revenir à un niveau de richesses en adéquation avec ce qu'on produit.

Et il n'y a dans le cas présent aucun moyen sauf la croissance d'éviter une récession.

Or, toutes ces bidouilles néo keynésiennes ne sont que les toujours mêmes histoires visant à prolonger le Ponzi sans pour autant avoir à prélever l'impôt sur les riches (ce qui reviendrait d'ailleurs en quelque sorte à renégocier doucement la dette alors que les riches, et donc les créanciers, paieraient en impôt une partie de la dette dont ils sont créanciers), ni à faire la moindre réforme de fonds qui permettrait de ramener une croissance et un réel avantage comparatif qui justifierait qu'on soit plus riches que les émergés dans le monde de demain (comme la fin du salaire minimum à seuil par exemple).

Tout ceci ne vise qu'à maintenir l'état de surfusion dans lequel on se trouve, à maintenir les fausses promesses, et à ne surtout déranger personne dans ses petites habitudes et privilèges...

Enfin, pour ce qui est de se remanger une récession, à voir par exemple comment le niveau exorbitant des loyers participe pour 10% du PIB, je ne suis pas sûr qu'une récession déclenchée par une baisse des loyers ferait tant souffrir que ça la population   Il faut voir ce que l'on compte en terme de revenus dans le PIB   Et avec une baisse des loyers, il y aurait une sacrée marge à la baisse des revenus.

Enfin, au vu de l'état des finances publiques de l'occident, en appeler à plus de dette publique confine au burlesque. Si encore c'était pour investir, ça pourrait avoir du sens. Comme par exemple investir massivement dans l'immobilier en France, pour loger tout le monde, mais ce faisant, hâtant encore plus la déflation alors que la fausse richesse bâtie sur la pénurie immobilière s'évanouit (drôle de paradoxe au passage  ). Sinon, hormis les économies d'énergie, dans quoi investir de simple, de massif et de rentable aujourd'hui ?

Mais rien qu'en déficit structurel, on est tous déjà à au moins 6% du PIB (12% pour les USA).

Bref, que dire...    Les néo keynésiens se donnent le beau rôle en offrant aux drogués quelques secondes de plus de shoot à l'héroïne, repoussant toujours plus loin la fatale addition. Addition qui ne fait que s'alourdir chaque fois qu'on la repousse...

Moi tout ce que j'y vois, c'est une tentative désespérée des vieux et autres nantis nourris à la bonne Ponzi monnaie de s'accrocher à leurs rentes débiles et à la valeur grotesque de leurs actifs... Et accessoirement, dans le cas du Financial Times, d'échapper aux nationalisations des banques...

C'est pourtant simple, l'inévitable récession qui viendra compléter toute la croissance qu'on n'arrivera pas à obtenir, il n'y a qu'à en faire porter le poids sur les "revenus" de ceux qui en ont trop...   

vendredi 24 septembre 2010

Réflexions personnelles sur les cycles de Kondratieff et les raisons de la crise

Je lis souvent que la crise actuelle est une crise de croissance et des analyses de type cycle de Kondratieff basées sur des questions de croissance qui s'essoufle et de grappes technologiques...

Mais je ne suis pas d'accord sur ces analyses.

Pour moi, ces questions de cycles de Kondratieff, c'est clairement un phénomène monétaire.

Où régulièrement, les hommes oublient ce que c'est que de la bonne monnaie et se mettent à se surendetter comme des cons (augmentation de la dette supérieure à la croissance).

Soutenus en plus, dans un premier temps, dans leur connerie par le fait que cette dernière semble être une bonne idée vu que la dérivée de l'endettement vient s'ajouter à la debt carrying capacity (cf
ce post) :



Ce qui ne peut amener le système qu'au crash.

Et la crise commence dès lors que la dette n'arrive plus à accélérer (je dis bien accélérer, pas augmenter).

Sinon, sur l'aspect récurent des cycles, je ne suis pas d'accord en revanche sur le fait de définir un intervalle bien régulier entre deux événements de connerie humaine. Mais il y a clairement après chacun d'entre eux une période de vaccination où chacun est immunisé au surendettement.

Mais aujourd'hui, avec les plèbes impériales lobotomisées et déresponsabilisées, c'est même pas dit qu'on aie encore cette période de vaccination. Hier encore, je voyais qu'ils avaient été obligés de rajouter en petits caractères en bas des pubs pour du crédit à la conso qu'il fallait les rembourser les sous   

Sinon, pour ce qui est de relier ça à la croissance, effectivement, si une économie continue de s'endetter à 10% du PIB par an et que la croissance passe de 10% à 2%, alors en effet, on va vers une crise du surendettement. Mais on pourrait tout aussi bien obtenir la même chose avec une économie qui croît durablement à 2%, et un accroissement de la dette qui passe de 2% du PIB à 10% du PIB. Et à l'inverse, si une économie passe de 10% de croissance à 2%, et que l'endettement suit, vous n'aurez aucune crise...

Ces analyses liées à l'innovation et à la croissance ne s'attachent qu'aux symptômes. Pas au mal lui même.

Car en effet, si le monde en venait à s'arrêter durablement de croître pour des raisons tant démographiques que de peak everything, il va falloir repenser tout ça. Et puis, on ne va pas continuer à doubler la population tous les 20 ans. Déjà, hormis en Afrique et au Moyen Orient, les taux de fécondité s'effondrent partout.

J'entendais l'autre jour Jean-Marc Daniel expliquer que les économistes n'apportaient aucune nouvelle réponse avec cette crise. Pour ma part, je suis persuadé que ce dont le monde a besoin, ce sont de penseurs de la déflation et qui permettraient de tuer le Ponzi en douceur, de faire en sorte que le système puisse tenir même en déflation durable et soutenable, sans forcément qu'il y aie de la croissance.

EDIT : comme l'explique fort à propos wiz ici, la dette est un marqueur d'inégalités croissantes alors que ceux qui ont besoin de consommer divergent de plus en plus de ceux qui perçoivent l'argent. Ainsi la dette occidentale finance la croissance ... des émergents. La dette est un marqueur de la non correspondance entre le consommateur et de celui qui perçoit des richesses qui permettraient de les payer.

Ainsi, tant que la dette a crû, on a eu la possibilité de faire baisser les taux pour en diminuer l'effet. Jusqu'à arriver à 0. Hooo la belle trappe à liquidités. Là où on en est aujourd'hui. Le Ponzi a buggué. Il est arrivé à son terme.

Il va donc falloir réduire la dette (par l'impôt idéalement). Mais réduire la dette veut dire réduire la quantité de monnaie. Il va donc falloir accepter la déflation. La déflation est la solution au Ponzi, et non l'inverse. L'hiver de K est la purge nécessaire.

mardi 21 septembre 2010

Comment sortir du Ponzi ?

Je vous mettais il y a quelque jours ce post sur le fonctionnement de la saturation en dette du système.

Et bien un post de Steve Keen aujourd'hui, repris par naked capitalism confirme cette vague intuition que j'avais :

Steve Keen: Deleveraging With a Twist
naked capitalism, 21/09/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.nakedcapitalism.com/2010/09/steve-keen-deleveraging-with-a-twist.html

Keen continue d'intégrer fort judicieusement la variation de la dette à la demande aggrégée :
  Evolution de la demande aggrégée (variation du PIB + variation de la dette)


Il y a de nombreux autres graphiques dans son post mais c'est surtout celui ci qui me titille :


On voit bien la corrélation entre la dérivée seconde de la dette et la croissance...

La dette par secteurs (il n'y a plus que l'État pour s'endetter, alors qu'il essaye de faire du Richard Koo) :


Et alors que l'occident qui pète plus haut que son cul a terriblement besoin de se désendetter, quitte à encaisser une nouvelle récession pour établir son PIB à un niveau soutenable sans endettement, il y en a encore pour demander que l'on fasse du Richard Koo et que l'on empêche le Ponzi de mourir. Sur ce coup là, je ne le suis pas le Albert Edwards :

The descent into global C-H-A-O-S
FT Alphaville via ContreInfo, Albert Edwards, 21/09/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://ftalphaville.ft.com/blog/2010/09/20/347416/the-descent-into-global-c-h-a-o-s/
I have every sympathy with economists who say that governments are insolvent. My colleague Dylan Grice showed recently that, once unfunded liabilities are included, it is obvious that most governments are already insolvent, with debt to GDP ratios closer to 500% of GDP than the official estimates for most G7 countries (see chart below and link). It is simply too late. We’re stuffed either way and cannot escape the consequences of years of private and public sector debt debauchery, much as we might pretend otherwise.

Yet government insolvency does not prevent me from being persuaded by Richard Koo’s book about the lessons from Japan’s balance-sheet recession. The crux of his analysis is that governments have no option but to stimulate aggressively all the while the private sector is de-leveraging. And any attempt at fiscal cuts simply results in renewed recession and a further loss of confidence, thus making it even harder and more costly to sustain any subsequent recovery and hence as Koo shows the budget deficit ends up even bigger. This is exactly the outcome I expect in the UK, especially.

En plus de celà, il a aussi deux remarques intéressantes sur des guerres commerciales et de monnaie imminentes :
With the US trade deficit deteriorating again (see top right-hand chart above), and – much to my surprise – the Chinese trade surplus widening, patience is rapidly running out in the US with China’s currency policies. I believe we are now nearer to an outbreak of trade war than at any time since the 1930s. Any downturn in the global economy back into recession would almost certainly guarantee such a result, as the political pressure to do something mounts.

Et sur les inégalités :
Many commentators, including myself, believe it is no accident that before this crisis inequality in the US and the UK reached extreme levels. Many believe there is a causal relationship from extreme levels of inequality to the crisis. How? Central bankers, by pursuing policies that allowed the middle classes to borrow against rising asset prices, kept them consuming despite the stagnation of their incomes and hence disguised the effect of government policies that allowed the rich to acquire virtually all of the gains in GDP growth.

And in the process of “robbing” the middle classes and now still attempting to keep asset prices artificially high, they are also robbing our children of the ability to buy a house at an affordable price. Yet central bankers still see QE as key to maintaining the illusion of prosperity and stoking consumer spending! I will write more about the role of high levels of inequality in causing the recent crisis in a future paper (James Montier has passed me some interesting papers). But with youth unemployment rocketing in recent years (can you believe it is 40% in Spain), policymakers had better start manning the barricades for the backlash. For as my mother used to say “the devil makes work for idle hands”.
Là il met le doigt sur quelque chose d'essentiel. Tous ces pseudos tartufes de gauche néo keynésiens comme Stiglitz (ici au 12-15 d'Hedwige Chevrillon sur BFM) qui appelent à toujours plus de relance, toujours plus de dette, ne font qu'alimenter la bulle et le Ponzi de fausse monnaie. Cette monnaie, qui après avoir circulé deux trois fois, finit toujours dans les mains des riches et disparaît du circuit de la consommation pour se concentrer sur les actifs (du coup, la banque centrale peut se féliciter que le prix de paquet de spagghetis ne monte pas trop et expliquer qu'il n'y a pas d'inflation malgré une hausse de 10% par an du M3  ). Et plus on "relance", plus on s'endette, plus les actifs sont inabordables pour les jeunes. Et sous couvert de faire de la gôche, on ne fait qu'asservir les classes moyennes.

Ainsi, et j'insiste sur ce point, il faut bien comprendre que tout ce que les tartufes de gauche shootés à la dette et à la relance proposent réellement, c'est la fuite en avant et le toujours plus de déclassement des jeunes et des actifs...

Mais tout ça apparaîtra clair comme de l'eau de roche quand on verra la fin de l'histoire pour le Japon...

A ce sujet, deux interviews passionantes sur BFM Radio, expliquant qu'il faut en finir avec les déficits, accepter la déflation, quitte à en passer par une nouvelle récession, pour ramener le PIB à un niveau d'équilibre soutenable sans endettement.

Il va falloir comprendre qu'il faut accepter de se serrer la ceinture pour redevenir riches en rerendant les actifs accessibles aux quidam lambda et lui redonner son statut perdu de membre de la classe moyenne :

Christian de Boissieu, Président du Conseil d'Analyse Economique
http://nr.proxycast.org/m/media/254054201588.mp3?c=information&p=BFM&l3=channel11&media_url=http%3A%2F%2Fpodcast.bfmradio.fr%2Fchannel11%2F20100920_interview_2.mp3, 20/09/2010 (en Français texte en français )
http://nr.proxycast.org/m/media/254054201588.mp3?c=information&p=BFM&l3=channel11&media_url=http%3A%2F%2Fpodcast.bfmradio.fr%2Fchannel11%2F20100920_interview_2.mp3

40 milliards d'euros à trouver rien qu'en 2011 pour tenir l'objectif du passage du déficit de 8% du PIB à 6% du PIB. L'Europe doit s'en tenir à la rigueur et à l'objectif de retour dans les clous de Masstricht pour 2013. Tout le monde doit contribuer, entreprises comprises. "On a besoin d'un contrat de confiance qui dépasse le clivage droite gauche."

Mais surtout cette interview là qui vaut son pesant de cacahuettes :
Thierry de Montbrial, Directeur général de l'Ifri (Institut français des relations internationales)
BFM Radio, 17/09/2010 (en Français texte en français )
http://nr.proxycast.org/m/media/254054201588.mp3?c=information&p=BFM&l3=channel6&media_url=http%3A%2F%2Fpodcast.bfmradio.fr%2Fchannel6%2F20100917_int1215_1.mp3
Un monde post américain

Très succintement, les Etats-Unis sont en recul en terme relatif. Ils sont en recul en terme politique en raison de leur enlisement, notamment au moyen orient. Et ils sont en recul en terme économique à la fois parce que d'autres puissances montent (naturellement la Chine et les autres pays émergents). Egalement parce qu'ils ont des déficits accumulés de plus en plus grands et multiples. Et la culture américaine, en raison de leur position dominante fait qu'ils ont toujours jusqu'ici négligé ces déficits. D'ailleurs l'establishment américain, vous en parlerez avec Stiglitz, a tendance à écarter ces considérations d'un revers de la main. Alors que tout un chacun comme nous sont obligés de regarder constamment l'état de nos équilibres ou de nos déséquilibres. Par conséquent, je crois qu'en effet, nous sommes rentrés dans une période où les Etats-Unis vont devoir de plus en plus composer avec le reste du monde.

C'est la zone euro qui est la mieux gérée.

Ce qui manque au monde dans son ensemble, et ce qui manque aux très grandes puissances comme les USA ou la Chine, c'est une espèce d'obligation impérative qu'ils n'ont pas d'autre choix que de prendre le taureau par les cornes. C'est ça qu'il manque. C'est cette espèce de pression de la nécessité.

Il est vraisemblable que récupérer la maîtrise des finances publiques passe probablement par un ralentissement de la croissance, peut être même par des récessions. C'est peut être un des points de passage inévitables. Mais ce dont je suis sûr c'est que si l'on ne récupère pas la maîtrise des finances publiques, on va vers de nouvelles bulles, de nouvelles crises de confiance. Et les grands désastres ce sont toujours des crises de confiance.

En parlant de Stiglitz et des néo keynésiens :
Il faut savoir que le fait d'avoir le prix nobel d'économie n'autorise pas forcément à avoir raison sur tous les sujets. En général, le prix nobel d'économie est accordé pour des travaux très précis, très particuliers.

Les américains par culture accordent extrêmement peu d'importance à ces questions de contrainte budgétaire parce que eux, ils ont été élevés, ils se sont développés dans la culture américaine où ces contraintes n'existaient pas. Et alors l'un des points dont nous avons discuté ce matin, c'est que je crois que les Etats-Unis sont rentrés dans une phase de normalisation. Ça va peut être prendre encore quelques dizaines d'années, 10, 20 ou 30 ans. Mais je crois que les Etats-Unis vont être de plus en plus confrontés à la réalité de leurs déficits et ils vont être obligés de faire un peu comme les autres. C'est pourça que l'on parle d'un monde post américain.

En fait les USA sont en train de voir se terminer leur avantage indu dont parlait déjà De Gaulle en 1965. Et ce que les Stiglitz et cie ne comprennent pas, c'est qu'ils pensent l'économie avec leurs contraintes d'hier, Et leurs conneries et leur refus de comprendre que la fête est terminée, les générations futures américaines vont devoir les payer au centuple pendant des décennies.


En fait, si comme moi, vous êtes jeunes, il faut que vous compreniez que vous n'avez absolument rien à gagner à leurs pseudo plans de relance qui finiront comme touours dans les poches des vieux et des riches et que tout ce qui en sortira pour vous, c'est toujours plus de déclassement et toujours plus de poids pour le capital.

En fait, et pour conclure ce long post, et ça reliera aussi un peu tout ça aux théories de la décroissance ou au crash course de Martenson, en 30 ans que le soufflé du Ponzi a monté, on a complexifié à l'extrême notre système social alors qu'on en faisait un tas de rustines infâme, pas optimisé du tout.

Et décomplexifier, simplifier, c'est LE moyen pour faire dégonfler le Ponzi en douceur. Car il va falloir finir par se poser la question de comment sortir de ce giga Ponzi. On ne va pas pouvoir le prolonger comme les japonais l'ont fait pendant 20 ans avec rien au bout de la route sinon l'explosion.

Pour que le deleveraging ne soit pas synonyme d'appauvrissement, il faut que la complexité et les usines à gaz que le Ponzi a permis de financer meurent avec lui et faire porter au maximum le poids du fardeau sur la complexité inutile.

Il faut que l'exception redevienne l'exception et non la règle. Il faut repenser nos systèmes pour qu'ils soient automatisés. Il faut réfléchir aux buts que l'on recherche dans la redistribution et en simplifier drastiquement le fonctionnement (simplifier ne veut aucunement dire en diminuer les montants) avec 2 à 3 grands transferts génériques et automatisés qui font tout (retraites et chômage regroupés dans un système par points à l'équilibre, sécu, salaire minimum sans seuil...).

Idem sur la partie recettes. J'aime beaucoup cette phrase qui dit qu' "être riche, c'est avoir plus d'argent que son beau frère."

La richesse, c'est relatif, pas absolu. En rendant le système fiscal et redistributif simple, lisible, sans possibilité d'y échapper, tout le monde est assuré d'avoir les mêmes cartes dans la grande course à l'accumulation (oui je sais, ça plait pas aux moustachistes dans leur vision de leur homme nouveau, mais c'est comme ça qu'on est, en vrai, avec nos gènes de singes évolués, toussa toussa...). Du coup, assuré que son voisin ne va pas profiter de telle ou telle combine, de telle ou telle niche fiscale, l'acceptabilité de l'impôt remonte fortement.

Ensuite, le mot productivité n'est pas un gros mot et l'État n'est pas astreint de faire en sorte d'optimiser ses fonctionnements. Informatiser totalement la collecte de l'impôt permettrait de libérer énormément d'argent pour d'autres choses plus utiles (comme en premier lieu, rembourser le déficit).

Là encore, sans le sentiment que l'État gaspille outrageusement l'argent des impôts, l'acceptabilité de l'impôt remonte encore fortement.

C'est clairement vers ça qu'il faut aller. Pas vers une prolongation à l'infini du Ponzi et du pétage plus haut que notre cul actuel. Si l'occident veut rester riche, il faut qu'il rentre dansle 21ème siècle et aie un réel avantage compétitif sur le reste du monde.

vendredi 17 septembre 2010

Sur la création monétaire

Petite réflexion personnelle sur la création monétaire, entre le débat qui explique que les banques créent la monnaie et ceux qui disent que non et que c'est la banque centrale...

Aujourd'hui, la FED parle carrément de faire sauter les réserves obligatoires des banques...

Je vous renvoie aussi à Steve Keen qui dit que les prêts précèdent les réserves et que dans un système de réserve fractionnaire, la dette ne devrait jamais pouvoir excéder la quantité de monnaie (même si la part de billets peut en partie expliquer ça, ça ne peut pas justifier les proportions atteintes en termes d'écart entre dette totale et monnaie totale).

Et je vous renvoie aussi aux ratios de leviérisation gigantesques des banques.

Et donc, selon moi (modestement), en gros, les banques prêtent autant d'argent que les gens veulent bien leur emprunter et se fournissent pour ça (s'il le faut) à la BCE. Alors certes, on va dire que c'est la BCE qui crée l'argent mais c'est prendre le truc à l'envers. Il faut juste voir la BCE comme un puits sans fonds avec une sorte de petit élastique plus ou moins épais accroché à chaque billet qu'on y ramasse. Ce qui crée l'argent, c'est le max(volonté, capacité) d'un poypoy de s'endetter.

En gros, ce qui limite la dette, c'est la debt carrying capacity de l'économie. Les réserves toussa toussa, c'est du pipo...

Avec d'ailleurs tout le problème que pose la rétroaction positive du système qui fait qu'un système qui s'endette apparaît comme ayant une debt carrying capacity plus grande que s'il était stable.



Où on a une sorte d'équation différentielle, où la debt carrying capacity (trait noir) se voit rajoutée de la dérivée de la dette (trait bordeaux) elle même. Dis autrement, en gros, tant que la dette monte, les gens ont l'air de pouvoir rembourser sans soucis alors que l'argent est abondant et que les prix des actifs augmentent.

Ce qui ne peut que conduire à ce que le système dépasse sa debt carrying capacity.

  EDIT pour plus d'explications sur le graphe ci dessus :
En fait on a une capacité structurelle de dette supportable par l'économie.

Quand la dette dépasse cette capacité, les emprunteurs font défaut et chaque € de dette supplémentaire génère plus de défauts sur la dette que les intérêts sur l'euro de dette nouvelle.

Mais cette capacité structurelle à s'endetter se voit ajoutée/soustraite de la dérivée de la dette elle même. En effet, au fur et à mesure que la dette monte, l'argent est abondant et en croissance et du coup tout semble aller bien, tout est rentable, le prix de tout monte, et du coup, la capacité à s'endetter à l'air plus grande que ce qu'elle est vraiment.

Le retournement de la capacité à s'endetter se produit quand la dette elle même s'infléchit (0 de la dérivée seconde de la dette). C'est là que le cycle se retourne vraiment.

La dette, elle, est entrainée sur sa courbe et poursuit son cycle et continue de monter alors que la capacité à s'endetter elle commence à décroitre sérieusement.

Au moment où les deux courbes se croisent, là, ça commence à faire méchamment faillite de partout (disons mi 2007 qui marque le début de la crise avec la faillite de Bear Stern et les deux fonds de la BEUNEUPEU).

En vert, c'est la zone de marge à s'endetter. En rouge, c'est le trop plein de dette.

jeudi 16 septembre 2010

Sur les 10% de la part de la valeur ajoutée allés des salaires vers le capital

J'aimerais revenir rapidement sur cet argument que la gôche ressort tout le temps pour nous expliquer qu'il faut faire la révolution, toussa toussa...

Et comme quoi la part des revenus dans le capital est passée de 75% en 1980 à 66% aujourd'hui...

Alors ce qu'il faut savoir, c'est qu'elle n'est pas choisie au hasard cette année de 1980 :



C'est sûr que se baser sur le haut de la bulle, avec les 74% en 1981, c'est tout à fait légitime comme comparaison...

Alors que Volker a été obligé de remonter les taux d'intérêt à 20% de peur d'une fonte totale de l'occident, alors que les moustachus avaient pris le pouvoir et détruisaient à gros bouillon le capital comme ils en rêvent tous, et que du coup, le sous investissement était chronique. En gros, l'époque c'était ça :



Même Lordon admet que c'est une connerie cette histoire de la part des revenus qui aurait baissé de 10% pour le capital...

Parfait exercice de propagande.

Le pire c'est que les jeunes gobent ces conneries et vont ensuite dans la rue manifester pour demander à se faire traire par les toujours mêmes (le truc qu'ils appellent "solidarité" où les jeunes pauvres donnent tout leur pognon aux vieux riches)  

Et même au sein des revenus, la part des revenus allant aux 1% les plus riches en France, n'a jamais été aussi basse (même si je ne doute pas que ça a sérieusement remonté grâce au règne de sa majesté de Neuilly) :


Ha le "salaud de riche"... Tous nos problèmes, c'est bien connu, c'est à cause de mémé Bettancourt.

Moi, j'aimerais plutôt que les jeunes pensent pour une fois par eux mêmes et se demandent qui sont donc ces salauds de riches...

Sinon, faudra pas venir pleurer. Y en a qui méritent vraiment d'être pauvres...

Moi je vois qu'on est passé en gros de 69 à 66. Et que certes on a perdu 3 points de la valeur ajoutée vers le capital. Ça fait une somme c'est sûr (3% de 1700 milliards par an) mais c'est pas non plus les 10 points qu'on nous vend... Et certes, on peut bien le taxer un peu, ça ne le tuera pas le capital. Mais ça voudrait dire harmonisation fiscale européenne et contrôle des capitaux aux frontières de l'Europe. Bon courage bref...

En Chine, c'est vraiment Dickens. Et ils en sont à quelque chose comme 35% pour les salaires...

Et la même donnée sur très long terme :