jeudi 30 décembre 2010

Hans Rosling : la joie des statistiques

Hans Rosling: Joy of Stats
24/12/2010 (en Anglais texte en anglais )


Il est temps que nos sociétés utilisent enfin le pouvoir que leur offrent les ordinateurs, Internet et les statistiques.

Notamment, on peut concevoir des systèmes sociaux à l'équilibre par construction, construits sur les données dont on dispose. Quelques exemples :
  Ma proposition de salaire minimum redistributif pour remplacer le salaire minimum à seuil.
  On pourrait mettre en place un système de retraites par points à l'équilibre par construction...
  On pourrait automatiser la collecte de l'impôt.
  On pourrait transformer la carte vitale en une sorte de carte à code permettant d'accéder à un dossier médical centralisé et informatisé, avec les prescriptions posées directement dessus et consultables uniquement avec la carte et le code, modifiables uniquement par les médecins (ajout de prescriptions) et débitables par les pharmaciens (retrait de prescriptions par un simple bip du code barre)...
  On pourrait créer un système d'éducation accessible par Internet, avec des vidéos en flash bien faites, animées, pour que n'importe qui puisse apprendre n'importe quoi, et un système pour le faire valider ensuite.
  On pourrait créer une énorme base de données de compétences et de CVs où chacun écrirait ses compétences et rendrait son CV accessible à la recherche à quiconque recherche des compétences. En précisant des possibilités de mobilité, de salaire recherché... On pourrait aussi ainsi visualiser quelles compétences les entreprises recherchent, en quel nombre, à quel endroit, pour quel salaire. Et accéder aux formations Internet diplomantes associées si on est intéressé et qu'on veut se reconvertir.

Et les possibilités sont énormes tellement notre monde est préhistorique au vu des capacités offertes.

Naturellement, ça bouscule pas mal d'acquis "sociaux" et d'intérêts corporatistes, et ça remet en question par mal de postes de conducteurs de diligences à forte capacité de nuisance...

Et il est plus que temps de faire rentrer l'occident dans le XXIème siècle. Je suis révolté contre toutes ces forces de l'immobilisme qui essaient de s'accrocher à leur monde d'un autre siècle et en faillite.

Et croire que l'occident va pouvoir rester plus riche que les autres pays du monde sans se recréer un avantage compétitif conséquent, c'est une absurdité. De toutes façons, les goinfres ne l'auront pas leur argent gratuit. La seule question, c'est de savoir si ils emmènent tout le monde dans le caniveau avec eux... Car les émergents se sont réveillés et nous rattrapent, avec le Peak Everything derrière eux... L'avantage comparatif de l'occident n'existe plus. Si on n'en recrée pas un nouveau, la parenthèse occidentale va se refermer, et il n'y aura alors plus aucune raison pour que la richesse de nos pays décadents perdure.

Mais visiblement, les générations faillies s'accrochent comme des moules à leur rocher, au vieux monde failli et désuet qu'elles se sont construit pour elles mêmes et pour s'y placer en haut de la pyramide. Un monde bourré de privilèges, d'inégalités flagrantes, d'incitatifs inversés, de seuils en dur et de cliquets, de possibilités d'abus, de contournement, de trous, peu fluide, pas optimisé, impossible à automatiser, bourré de paperasse, non communicant, bottom up, sans collecte automatisée de statistiques en retour pour analyser, et surtout... en déficit par construction...

Ça renvoie pas mal à The Trap... Jusqu'ici, on n'a utilisé que la partie pourrie des chiffres. Il est temps d'utiliser la partie réellement utile... On pourrait passer le cœur de notre vraie solidarité en pilotage automatique, à l'équilibre par construction, avec quelques paramètres dont le sujet de chaque élection consisterait à en changer grosso modo les valeurs...

Et on pourrait enfin se consacrer aux vraies questions, qui consisteraient à utiliser la boucle de feedback créée par l'analyse permanente des retours statistiques par l'intelligence de l'Internet, et utiliser enfin la démocratie à autre chose qu'à juste créer des systèmes grotesques et préhistoriques, visant à goinfrer les plus forts (par le nombre, l'argent, ou la capacité de nuisance) avec l'argent des faibles...

lundi 20 décembre 2010

Pourquoi le quantitative easing n'est pas (encore) de la planche à billets

Voici le bilan de la BCE au 14 décembre :

Situation financière consolidée de l’Eurosystème au 10 décembre 2010
BCE, 14/12/2010 (en Français texte en français )
→ lien


Comme vous pouvez le constater, les parties actif et passif sont strictement identiques. Et tant que ça durera, chaque fois que la BCE prendra à son bilan des dettes des PIIGS (je pense que c'est le 7.1 à gauche : "Titres détenus à des fins de politique monétaire" pour 132 miyards), elle devra augmenter d'autant son passif, en retirant de la liquidité comme elle le dit elle même, en augmentant ses dépôts.

Sinon, on voit aussi que l'on retrouve les pièces et billets du côté du passif. Et on pourrait penser que la BCE pourrait se contenter d'augmenter la quantité de billets à droite pour compenser le quantitative easing à gauche, et de faire de la planche à billets. Mais sans en être certain, j'ai le sentiment que ce n'est pas la BCE qui fixe le montant de billets en circulation, mais la demande des gens. Si vous donnez des billets aux gens, vous ne pouvez pas les empêcher d'aller les déposer à la banque, et ainsi de les transformer en monnaie scripturale, et les billets sont alors, j'imagine, renvoyés (par un mécanisme que j'ignore) à la banque centrale. Ainsi, la part de billets, est plus un pourcentage de la masse monétaire totale, lié aux besoins des gens, qu'un montant fixé par la BCE.

Enfin, le jour où l'actif ne sera plus égal au passif, et que la BCE prendra des obligations des pays à son bilan, sans augmenter son passif d'autant, là, ce sera de l'inflation.

Mais à ce jour, tout ce que la BCE fait, c'est de faire office de banque commerciale en dernier ressort aux États. Et elle prend de gros risques pour son capital en faisant ça (d'où son augmentation récente). Le capital, vous le trouverez en bas à droite. C'est comme les fonds propres d'une banque commerciale. C'est ce qui doit encaisser le choc en cas de pertes. Le reste du passif, c'est un peu comme des dépôts bancaires...

Quant à la fiat monnaie pure (et dont je pensais originellement que c'était les billets), visiblement, il s'agit plutôt d'une dette de l'État auprès de la BCE, et qui se retrouve donc à l'actif de la BCE, et que l'État dépose ensuite à son passif. Les deux s'annulent. Et ça permet notamment d'amorcer la pompe du système de banque centrale...

samedi 18 décembre 2010

La déflation des goinfres

(Petit rajout en fin de post)

Quelques idées, en vrac, pour un programme politique visant à restaurer la méritocratie, et en finir avec la traite par les vieux goinfres... Bref, un retour aux bases des Lumières, et un arrêt net à la mise en place par le papy boom de sa société de la rente et de la naissance, et où le meilleur actif d'un jeune est la retraite débile et le patrimoine bidon de ses parents, construit sur la dette publique et la pénurie immobilière organisée...

Tout ceci vise à réduire la dette et donc la monnaie. Néo keynésiens et tartufes de gôche, s'abstenir... Il faut en finir avec cette débilité consistant à vouloir graver dans le marbre les faux patrimoines et rentes que la croulantocratie s'est construits en 30 ans de capture de l'État. Bref, c'est très déflationniste tout ça. Mais la déflation, ce sont les goinfres qui la mangeront... Quant à ce qu'un tel programme fasse plonger le pays en récession, c'est une évidence. Mais la récession est inévitable avec un bon 10% du PIB qui provient de l'endettement vis à vis de l'étranger et un bon gros 20% du PIB qui provient de la création de fausse richesse immobilière.

Il s'agit d'organiser la retraite en bon ordre tout de suite, et qu'on se rabatte sur une ligne de front tenable, pour sauver nos vraies solidarités. Le tout afin d'éviter la déroute totale plus tard, dans des conditions inconnues mais certainement autant désastreuses que destructrices.

Et donc :

  Taxer le foncier, en fonction de l'empreinte au sol totale du logement (construit ou non). Pour les immeubles, chacun se voit attribuer une part de la surface totale en fonction de la surface habitable de son logement par rapport à la surface totale habitable. Bon, les papy boomers, vont surement galérer. Ça nécessite de faire une règle de trois et ça, c'est pas leur fort. Ils pourront donc toujours demander à un jeune stagiaire payé au demi smic de leur faire un tableau excel.

  Retirer aux collectivités locales l'établissement des plans d'urbanisme. L'idée ici est d'empêcher les vieux proprios et la croulantocratie qui squattent les conseils municipaux et autres collectivités locales d'interdire aux jeunes d'avoir un logement. C'est contraire au droit de propriété de la constitution, que ceux déjà en place interdisent à de nouveaux entrants de venir s'installer.

En couplant ces deux mesures, on devrait en voir rapidement l'effet. Les vieux vont devoir payer cher en impôts pour leurs pavillons qui squattent toute la place. Et au lieu d'un couple de vieux dans un pavillon qui prend 300m², l'Etat va vite pouvoir racheter tout ça et mettre sur la même surface des immeubles pour loger 50 personnes en appartements. La pénurie, elle va pas faire long feu... Le prix de l'immobilier va se vautrer. Mais la France fera enfin pour la première fois en 30 ans de la vraie croissance et de la vraie richesse, alors qu'elle pourra loger toute sa population. Pas juste de la fausse croissance de papier, créée autour d'une pénurie organisée. On en profitera au passage pour en finir également avec cette ânerie de société de propriétaires, qui y est pour beaucoup dans la vautre de la démocratie dans la fange, et où l'État a été utilisé par une partie de la population pour exploiter l'autre partie en organisant la pénurie d'un bien de première nécessité, et qui n'a aucune raison de ne pas être abondant. Le tout afin de créer via la pénurie organisée, une fausse richesse pour ceux qui sont déjà dans le Ponzi (vus que les prix se font à la marge).

  Nettoyage par le vide de toutes les niches fiscales qui permettent aux particuliers de se constituer des patrimoines en fuyant leur devoir de payer l'impôt. Mais vraiment nettoyage... Et en premier lieu le Scellier. Idem pour ces conneries de panneaux solaires subventionnés. Personne ne doit pouvoir utiliser son devoir de payer l'impôt pour se construire des patrimoines odieux. (Dans le même genre d'idée, à terme, une fois la dette publique nettoyée, refiscalisation de l'épargne).

  Restauration de droits de succession conséquents dès le premier euro. Genre 50%. Si ça tenait qu'à moi, j'irais même taper du 100%. De toutes façons, vus que les patrimoines des vieux sont de faux patrimoines et sont odieux, le fait d'en hériter l'est au minimum tout autant.

  Réduction des retraites. Réduction de 0% pour le minimum vieillesse, de 25% pour des retraites à 2000€, et genre on tire une droite entre ces deux points pour savoir de combien on réduit toutes les retraites. Pour le calcul, on regroupe les retraites par ménage et on rapporte les retraites au nombre de personnes vivant dessus : on divise par 1 pour une personne, par 1,5 pour deux personnes. Et à terme, instauration d'un régime de retraite par points à l'équilibre par construction.

  Puisque l'épargne des vieux est pour l'essentiel une épargne odieuse construite sur 30 ans de Ponzi economics, déduction des retraites de 25% des revenus du capital (en incluant le loyer qu'on toucherait pour sa résidence principale).

L'idée est ici à terme clairement de supprimer la dette publique, en reprenant leurs fausses créances et rentes à ceux qui les ont accumulées. La dette publique est un non sens. Prêter de l'argent à l'État n'est pas un investissement. L'État n'est pas une entreprise, il ne génère pas de profits ni de cash flow. Cette dette n'est qu'un moyen de plus que la croulantocratie a trouvé pour traire la jeunesse, en ayant fui ses propres impôts et pouvoir poser ainsi en plus un octroi sur les impôts futurs de ses enfants (double effet kisscool). Il faut en finir avec cette saloperie.

De même, le niveau des retraites est proprement absurde (et sans aucune corrélation avec ce que les vieux ont eux même cotisé), alors que les vieux, souvent sans loyer ni enfants à charge, gagnent désormais plus avec leurs faux droits à la retraite que les actifs avec leur travail.

  Suppression du salaire minimum à seuil pour un salaire minimum redistributif, afin de remettre tout le monde au travail.

  L'Etat est forcé à refondre son organisation administrative afin d'informatiser tout ce qui peut l'être et de faire le ménage dans les dépenses inutiles. Les personnes qui faisaient avant à la main le boulot d'ordinateurs, sont reconverties à d'autres postes de la fonction publique (avec discussion avec les syndicats toussa toussa sur le processus à suivre pour que la reconversion se passe au mieux, notamment pour limiter au maximum la mobilité forcée).

Avec un tel programme, en 10 ans, on a renoué avec une "certaine idée de la France", les Lumières, on a restauré la méritocratie et des incitatifs sains, on a castré le néo clergé qui n'a plus rien à bouffer vu qu'il n'y a plus de service d'extraction de tribut à réaliser pour les vieux, on a réglé le problème de la dette publique, et on a rétabli la compétitivité du pays...

A terme, une fois la dette publique supprimée :
  Refiscalisation de toute l'épargne.
  Recréation d'un fonds de réserve pour les retraites abondé de vrai argent, avec lequel on achète des actions. Histoire d'en finir avec cette débilité moustachiste qui nous explique que les profits c'est sâââle (allez donc construire une économie sans profits, sans rentabilité, et sans investissement   ). Il est temps de faire en sorte que les "affreux" profits du CAC 40 servent une bonne fois pour toutes à payer les retraites de tous les français. Naturellement, c'est il y a 30 ans que cela aurait dû être fait. Mais ça aurait demandé au papy boom d'être un peu responsable, de vivre selon ses moyens, et d'épargner... Et c'est tellement plus de gôche de décréter la retraite à 60 ans à crédit...
  Investissement de l'État pour la construction de réseaux de transport en commun performants afin de se préparer au Peak Oil.

Il est plus que temps que la France s'attaque vraiment à ses salauds de riches...

Part des revenus allant aux 1% les plus riches.


Je vous laisse tout de même admirer comment la France est absolument dépecée par la ploutocratie de Neuilly (même si je ne doute pas qu'après le mandat explicite de Sarkozy pour faire remonter tout ça, ça a du grimper un peu) ... C'est à se demander qui c'est donc ces "salauds de riches"... Je me le demande-je  

Donc, voila un vrai programme simple, concret pour ce pays. Un vrai programme que j'estime de gauche, contre la rente, la naissance et les privilèges, et visant à rétablir le vrai objectif des Lumières qu'est la méritocratie. Et pas ces conneries suintant la guimauve soviétique avariée de "société du care"   

Donc hélas, à peu près aucune chance de voir émerger le moindre truc qui pourrait ressembler à ça dans les deux rassemblements politiques, de gôche comme de droâte, squattés par les vieux goinfres, qui ne cherchent qu'à graver dans le marbre le butin de 30 ans de pillage, au nom de la sôlidarité et de l'acquis "social" (la sôlidarité, c'est ce truc où les jeunes pauvres doivent donner tout leur pognon aux vieux riches)...

Ainsi, aujourd'hui, les partis politiques noyautés par les vieux, n'ont plus aucun projet de société à offrir et n'œuvrent plus désormais que pour garantir les promesses de pillage des jeunes que ces derniers se sont faites à eux mêmes. Et ainsi, les vieux qui nous ont fait la révolution "libérale" de 68, terminent la page minable qu'ils laisseront dans les livres d'histoire, en achevant de donner raison à Tocqueville sur la démocratie, et en tentant de restaurer l'ancien régime, la société de la naissance et de la rente... Le tout en ne manquant pas de faire de grands discours grandiloquents avec de vastes moulinets des bras autour de l'idée de la République    Mais les Lumières, 1789, ce n'est pas le combat autour d'idées absconses et confuses. C'est juste la révolution pour la méritocratie, contre la société de la rente, des privilèges et de la naissance.

La démocratie est un système fragile. Alors que par construction, elle subit un déficit d'organisation et un certain bordel ambiant, sa véritable force réside dans les incitatifs sains qui sont en son cœur, et qui permettent de récompenser les méritants et de construire un noyau solide et légitime de classes moyennes. Aujourd'hui, la génération faillie laisse cette dernière se vautrer dans la fange, en maximisant l'aspect bordel ambiant tout en tuant la méritocratie. Et alors que comme dans les années 30, la démocratie se voit contester sa prédominance par des régimes autoritaires et organisés, comme en Chine, et qui commencent aussi à savoir organiser mieux que nous une certaine forme de méritocratie, si il n'y a pas un sursaut de dignité chez nous, tout cela risque de mal finir...

Petit rajout :
Au passage, alors que désormais, le meilleur actif d'un jeune n'est plus sa réussite scolaire, son ingéniosité, son sens de l'entreprise ou sa capacité de travail, mais la retraite/patrimoine volé par papa/maman après 30 ans de ponzinomics keynésiennes, je fais juste remarquer que ce système de traite de la jeunesse par les vieux est profondément raciste alors qu'il nie aux immigrés et aux fils d'immigrés et tous ceux qui n'ont pas de gros actif retraite papa/maman le droit à se constituer un patrimoine par le travail et le mérite.

Et sans que jamais ce ne soit dit ou explicité clairement, alors que la croulantocratie française est essentiellement blanche, les blancs gardent ainsi la main sur le patrimoine de la France. Ils empêchent ainsi les nouveaux arrivants d'accumuler un patrimoine par le mérite et un droit à la prospérité. Ce dernier leur est volé par les vieux et sera ensuite transmis sans droits de succession à tous les médiocres Jean-Kevin bien blancs.

Naturellement, tout ceci ne dérange aucunement toute la tartuferie de gôche du PS et du front de gôche, noyautée par la croulantocratie, et qui se bat bec et ongles contre la déflation-que-c'est-le-mââl et pour garantir le niveau de leurs retraites débiles et de leurs patrimoines bidons. Et on agite de temps en temps un touche pas à mon pote ou la Halde pour faire croire qu'on lutte contre ces réalités.

D'ailleurs, tous les chiffres sont tellement clairs et évidents sur le procédé de destruction de la méritocratie par la génération faillie des goinfres, que je suis effaré d'être quasiment le seul à en faire le constat, et de voir le déni total de réalité dans les médias ou chez les politiques sur le sujet. Il y a bien Ce soir ou jamais pour sauver un peu l'honneur des médias, mais c'est tout. Et quand Terra Nova a osé émettre quelques idées en ce sens, Martine Aubry s'est empressée de les faire taire.

Ainsi, cassez ce système de traite, et couplez ça à la suppression du salaire minimum à seuil, et les immigrés en France vont vite se voir redonner une chance de réussir par leur travail. Et la restauration d'incitatifs sains a toutes les chances de régler par la même occasion pas mal de problèmes d'insécurité et d'immigration.

Et les goinfres peuvent bien râler, gigoter et se débattre contre ces évidences. Mais la vérité (et elle finira par apparaître), c'est que sans méritocratie et avec une société de rentiers, on tue complètement la croissance. Et sans croissance, impossible de se sortir par le haut de la crise de la dette, sans faire complètement faillite.

En fait, il n'y a juste pas le choix. C'est ça qu'est bon    L'alliance du néo clergé et de la croulantocratie va devoir sauter car il n'y a plus aucun moyen de faire coexister les intérêts des deux. Y a qu'à patienter. De toutes façons, les goinfres, c'est ça ou la faillite...

Et ce dernier point là sur lé néo clergé est vraiment essentiel. Le néo clergé (finance, immobilier, assurance, défiscalisateurs), les gardiens du nouveau dieu du papy boom qu'est l'argent gratuit, n'est que le bras armé des goinfres pour prélever le tribut sur les jeunes actifs (tout en touchant leur très confortable comm au passage). D'ailleurs, il n'y a qu'à voir comment ce dernier a monté en puissance au fur et à mesure que les vieux accumulaient leurs patrimoines bidons.

Mais le château de cartes de dettes inremboursables à la base du prélèvement du tribut ne pourra jamais tenir sans croissance. Il n'y a plus moyen désormais que le néo clergé continue à exercer comme avant sans que tout le château de cartes de mauvaises dettes et de fausses promesses s'effondre dans une faillite historique, menaçant par là même sa survie. Du coup, ce dernier s'il veut survivre va devoir aussi abandonner ses anciens alliés à leur propre sort, et fortement réduire en taille pour redevenir ce qu'il aurait toujours dû rester : un moyen de financement de la méritocratie et de l'économie réelle. Le seul moyen pour eux de survivre, c'est d'organiser et d'accompagner la déflation des goinfres.

D'ailleurs, pour ceux qui s'inquiètent de la capture du pouvoir par les vieux, vous pouvez toujours aller voir l'exemple de la Grèce. Ils peuvent bien s'être fait toutes les belles promesses qu'ils veulent, et avoir élu tel ou tel candidat, le jour où la faillite viendra, on leur demandera pas leur avis à la génération faillie, après leurs 30 années de raz'gratis keynésien à crédit...

Et enfin, pour conclure, juste comme ça au passage, chose non négligeable, si des foules de jeunes hommes tenus dans la misère alors que les vieux pètent dans la soie, ça peut aisément vous déclencher une révolution, j'imagine mal en revanche des vieux, à qui on demande juste de retoucher le plancher des vaches et de revenir à la réalité de leurs concitoyens, aller jeter des cocktails molotov sur l'assemblée...

dimanche 5 décembre 2010

Le mythe de la résolution de la crise de la dette en France par l'inflation

Ce post-ci va être très très court, et répond très simplement à tous les économistes qui nous expliquent qu'on va sortir de la crise de la dette publique par l'inflation (cf notamment François Langlet ici)...

Suivez bien, c'est imparable.

  L'inflation passe de 2 à 6%,
  Les taux d'intérêts passent de 3 à 7%,
  La solvabilité des ménages pour maintenir le ponzi immobilier qui fait peu ou prou, en agrégeant toutes les dépenses liées au logement, 50% du PIB français s'effondre,
  Le marché est totalement bloqué, le ponzi s'arrête,
  Les prix dégringolent,
  "Production" de crédit en chute libre,
  Déflation...

Dans un monde occidental qui est endetté ras la gueule et dont l'économie n'est plus qu'un gigantesque ponzi de dettes soutenant des prix des actifs complètement débiles, il n'y a aucun moyen de s'en sortir par l'inflation.

L'inflation, dans un système monétaire de crédit, ça ne se décrète pas.

Je ne vois pour ma part que trois voies possibles, plus ou moins gérables et souhaitables :
  la déflation douce à la japonaise,
  la déflation dure à la 29,
  l'hyper inflation...

Je ne peux à ce sujet que vous conseiller de lire les travaux de Steve Keen (cf ici)...

samedi 6 novembre 2010

Sur la monnaie

Un documentaire intéressant sur la monnaie, un peu du même genre que Money as debt.



Pas mal de choses intéressantes. Mais comme dans Money as Debt, il y a beaucoup d'idées fausses.

Comme cette idée que l'argent des intérêts n'existe pas et qu'à un instant t, tout le monde ne peut pas rembourser ses prêts. C'est une méprise à mon avis. Les intérêts sont payés aux banques. Ils ne disparaissent pas. Ils sont dépensés. Soit en salaires et bonus, soit en rémunération des dépôts, soit en dividendes. Mais ces intérêts sont ensuite réinjectés dans l'économie. En fait l'intérêt, une fois la rémunération des dépôts retirée, est juste le moyen qu'a la banque commerciale pour prélever sa dîme sur l'économie, et de s'octroyer un droit sur les richesses réelles créées.

Et c'est une idée fausse également qu'il y a pas plus de dettes qu'il n'y a d'argent. Vu que l'argent est la dette, il y a parfaite égalité entre la quantité d'argent dette et de dettes. Quand on doit quelque chose, on le doit forcément à quelqu'un. L'argent est juste l'anti-matière de la dette, la créance associée. Le seul moyen pour qu'il y aie plus de dette que d'argent, ce serait qu'il y aie des dettes forcées sur les gens sans création de l'argent des dépôts associée. Et dans la réalité, il y a même moins de dette que d'argent vu qu'on a en plus le M0 (cf plus bas).

En revanche, ce qu'il faut bien comprendre, ce sont les cycles du crédit (cf ici et ici). Tout le temps que les gens s'endettent plus qu'ils ne remboursent, et qu'il y a inflation, trouver les intérêts dans une masse monétaire en croissance circulant vite est beaucoup plus facile que l'inverse, quand il y a déflation et une masse monétaire circulant peu. Et un défaut sur un crédit, c'est juste la suppression instantanée de la créance associée. C'est là que l'idée de garantie des dépôts est juste une illusion, sauf à ce que l'État reprenne à son compte la dette de l'emprunteur failli, en échange de rien.

En fait, tâchons d'expliquer plus sereinement ce système monétaire. Ou en tous cas ce que j'en ai compris au fur et à mesure de mes lectures et réflexions. Si je me trompe, n'hésitez pas à poster vos remarques en commentaire. Je suis preneur (au passage merci à kosmo et wiz de la bulle-immo pour leurs éclaircissements).

Tout d'abord, en effet les banques créent la monnaie. Quand vous allez à la banque et que vous empruntez, la banque vous crédite votre compte de la somme et vous devez à la banque un montant équivalent. La somme fait 0 mais il y a eu échange de promesses entre vous et la banque. Il y a des restrictions à cette création de dette par les banques commerciales (réserve fractionnaire, Bâle 2, fonds propres etc...) mais on va les ignorer car elles sont contournables (même si avec des mesures comme Bâle 3, ils essaient de les renforcer). On va plutôt supposer que grosso modo, les banques prêtent autant que les gens veulent bien emprunter.

Ensuite, il faut comprendre qu'il existe deux natures de monnaie qui coexistent dans le système et partagent la même valeur :
  il y a ce qu'on appelle le M0 : les billets et les dépôts des banques à la banque centrale, équivalents à des billets. Cette monnaie ci n'est gagée contre rien. Il n'y a personne qui la doit. Elle est libre.
  il y a la monnaie crédit, la monnaie qui n'existe que parce que quelqu'un, quelque part, possède une dette d'autant. Cette monnaie est scripturale. Elle est nécessairement sous forme d'un dépôt bancaire, c'est à dire une créance d'une banque à votre endroit. Cette monnaie ci, est de l'anti-matière de dette. Contrairement au M0, c'est un peu comme si il y avait un élastique dessus.

Au passage, petite digression, pour ceux qui regardent l'or de près, ce qui fait que la monnaie est reconnue comme telle et a une valeur, ce ne sont pas les stocks d'or des banques centrales, même si c'est symboliquement important. C'est le fait que la monnaie est le seul moyen légal accepté par l'État pour payer ses impôts   Comme quoi...

Et aussi, en temps de déflation qui menace, c'est bon de garder à l'esprit que le cash, le M0, comme l'or, n'a pas de risque de contrepartie. Si vous avez du cash, vous ne risquez pas que quelqu'un fasse défaut dessus. En revanche, sa valeur est partagée avec celle de la monnaie dette. Et surtout, contrairement à l'or, sa quantité n'est pas limitée par des contingences extérieures. Et surtout, il faut bien comprendre également qu'un dépôt bancaire, c'est grosso modo une reconnaissance de dette de la banque en votre faveur. Mais c'est une dette. Une dette de la banque auprès de vous. Avec tout le risque de contrepartie que ça implique (risque que l'État a essayé de faire disparaître à travers la garantie des dépôts, largement fantoche en cas d'événement systémique).

Ainsi, aujourd'hui, quelque chose comme 5% de la monnaie est du M0, quand 95% est de la monnaie dette. La dette est quelque chose d'essentiel à la richesse. C'est grosso modo notre "capital" financier. Ce point est critique dans les comparaisons avec le Zimbabwe ou Weimar. Les proportions entre les deux types de monnaies n'étaient pas du tout les mêmes, alors qu'aujourd'hui, une part très importante de la monnaie est de la dette, et que dans les deux exemples cités, les gens avaient peu de dette ou de comptes épargne, et que la monnaie était essentiellement du M0.

Et il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. La finance est une des plus belles inventions de l'humanité. C'est quelque chose d'indispensable à une société riche. Orienter l'épargne de ceux qui ont des surplus vers ceux qui ont des projets est la clé de la croissance. Sans ça, les riches thésaurisent, les entrepreneurs ne peuvent pas entreprendre, et c'est grosso modo le Moyen Âge... Mais toute la problématique repose dans la question du "à qui on prête ?". La finance doit financer des investissements qui créent de la richesse. Et ces derniers temps, sous pression des politiques notamment, elle a complètement perdu ça de vue, et s'est mise à prêter n'importe comment, et à rentrer dans un schéma de Ponzi. Au passage, on notera que quand les banques ne "prêtaient qu'aux riches", les poypoys râlaient. Mais prêter aux riches, à ceux qui sont capables de mettre en fonds propres une partie de l'investissement, c'est l'assurance pour la banque de retrouver ses petits et de ne pas encaisser de défauts de paiements en negative equity. Et on voit bien aujourd'hui ce que ça donne quand les banques prêtent à n'importe qui, sans aucune exigence d'apport personnel... Faut savoir ce qu'on veut mes loulous...   

Et ainsi, chaque société à une debt carrying capacity, une capacité à porter de la dette. Pour que cette dette soit remboursable et efficace, il faut qu'elle crée de la vraie richesse. C'est là que le bât blesse alors que le capital de l'occident est en fait un capital fondé sur le mal-investment (à la Hayek), la pure consommation et la bulle.

Ensuite, chose essentielle dans ce système, la prérogative de l'impression du M0 reste une prérogative de l'État, non de la banque centrale. La Mint US par exemple, est sous la juridiction du Trésor US, non de la FED.

La FED n'est en fait qu'une banque. Une banque un peu spéciale, aux prérogatives élargies et aux contraintes limitées. C'est grosso modo la banque des banques. Elle aussi crée de l'argent dette, en prêtant non pas aux agents, mais aux banques elles mêmes. Elle a des fonds propres, un passif et un actif (cf cet article de Jim Rickards sur King World News qui explique que la FED a un ratio de leviérisation de 50, avec 57 milliards de capital et 2300 milliards d'actifs). Et en théorie, la FED peut faire faillite. Et pas mal de monde pense que c'est comme ça que ça finira.

La FED travaille avec ce qu'on appelle les primary dealers. C'est à dire les banques, petites privilégiées, autorisées à se financer court, à pas cher (0,1%), auprès de la FED, pour prêter long, à des taux bien plus importants, à tous les autres.

Ensuite, le quantitative easing n'est pas de la monétisation ni de la planche à billets, ni de la monétisation des déficits. Le quantitative easing, c'est la FED elle même, qui au lieu de servir de banque aux banques, fait directement office de banque à l'État en prenant directement à son bilan les dettes de ce dernier. Elle prend alors les risques à long terme pour elle même. Il n'y a pas création de M0 avec le QE. Aucun billet n'est imprimé. La FED se contente d'agir elle même comme une banque commerciale. Mais si l'État fait défaut ou si les MBS (les prêts immobiliers) au bilan font défaut, la FED peut théoriquement faire faillite. Ainsi, la banque centrale, quand elle fait du quantitive easing, ne fait en fait qu'accepter les créances d'un agent économique (l'État) et sert juste aujourd'hui de banque en dernier recours.

Et donc, aujourd'hui, pour éviter la déflation (la baisse de la quantité de M0 + le crédit "marked to market", pour reprendre la définition de Mish), les autorités monétaires essaient juste de maintenir coûte que coûte la quantité de monnaie dette dans le système. Alors que de toutes évidences, la debt carrying capacity de l'occident a été explosée à la hausse, ils essaient juste d'empêcher désespérément par tous les moyens la déflation par la dette. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que si déflation par la dette il y a, l'épargne diminuera en conséquence aussi. Soit par remboursement des créances, soit par défaut sur les dettes.

Et le défaut sur les dettes, c'est l'idée qui fait petit à petit son chemin aujourd'hui, comme pour la dette publique des PIIGS... Et les créances associées dans les assurances vie en euros seront alors les premières à sauter.

La planche à billets, elle, porte bien son nom. C'est quand le M0 augmente. C'est à dire les billets et les pièces, la monnaie gagée sur rien, le cash, sans promesse de remboursement derrière.

Ultimement, si ils veulent éviter la déflation pas tous les moyens, c'est comme ça que ça finira. Ils imprimeront du PQ vert à foison et feront remonter la part de M0 dans la monnaie totale. Et là, effectivement, ça sera inflationniste, si l'impression de billets dépasse la baisse de la monnaie dette.

Mais on n'en est pas encore là. En effet, avec 95% de la monnaie de type dette et 5% de la monnaie de type M0, si la monnaie dette baisse de 5%, à disons 90%, il faut carrément doubler le M0 pour compenser, et garder la quantité de monnaie constante.

Et c'est grosso modo ce qu'on a vu avec la crise, alors que le M0 US explosait, mais compensait à peine le deleveraging sur la monnaie dette :


Et ici, vous voyez grosso modo l'évolution de la monnaie dette aux USA :


On voit bien que l'augmentation du M0 ne compense pas du tout le deleveraging.

Enfin, pour conclure, dans le cas des USA, on notera cette particularité qui est qu'une grande partie de leur M0 circule en dehors des USA. Typiquement, quand le système monétaire du Zimbabwe s'est effondré (par pure planche à billets véritable), c'est l'or et le dollar que les zimbabwéiens ont utilisé pour commercer. Surement le plus grand produit d'exportation des USA au passage. Si le dollar venait à s'effondrer et/ou que la confiance dans ce dernier s'effondrait, on verrait la grande "repatriation" : tous ces dollars reviendraient sur le sol US et accéléreraient l'effondrement.

Donc voila, c'est ce que j'ai personnellement compris du système monétaire. Je ne garantis pas que ce soit exact et je suis preneur de vos commentaires si vous en avez. Mais ça me semble déjà plus proche de la réalité que ce qui est expliqué dans le documentaire.

jeudi 4 novembre 2010

Petit tour chez Glenn Beck et ce que sont devenues les Tea Parties

Histoire de ne pas mourir idiot et de comprendre un peu mieux ce qu'il y a derrière les Tea Parties, je vous mets l'émission de Glenn Beck d'hier soir. Histoire de vous faire une idée à travers vos propres yeux et pas uniquement via le prisme du "journalisme" français :

Glenn Beck Explains The Latest Iteration Of Quantitative Easing
ZeroHedge, 03/11/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.zerohedge.com/article/glenn-beck-explains-quantiative-easing





Il est question de dépendance envers la Chine, de déficits, de dollar, de quantitative easing...

Moi ce que j'en comprends, c'est que clairement, l'occident est effrayé. Les classes moyennes sont angoissées devant ce que la mondialisation signifie pour elles. L'avantage compétitif de l'occident est terminé. Comment croire qu'un américain illettré, obèse, inculte et avec 200 mots de vocabulaire, pourrait gagner plus qu'un travailleur chilien éduqué ?

A ce sujet, je vous conseille cette interview très intéressante d'Hubert Védrine, sur BFM ce matin, où il évoque notamment cette angoisse des classes moyennes :
Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères
BFM Radio, 03/11/2010 (en Français texte en français )
http://podcast.bfmradio.fr/channel13/20101104_gjournal_1.mp3

La vraie question, ce n'est pas de se protéger des chinois. Le protectionnisme commercial, de toutes façons, c'est le consommateur qui le paiera au final.

Ce qu'il nous faut faire, c'est faire en sorte de rétablir un minimum de salubrité fiscale, remettre les impôts des riches au niveau de disons... 1990 (quitte à rétablir une certaine forme de contrôle des capitaux pour les obliger à les payer), remettre tout le monde au travail (via notamment la suppression du salaire minimum à seuil pour un salaire minimum redistributif), consommer moins et exporter plus en déplaçant la fiscalité du travail vers la consommation et les revenus de la rente immobilière pour rééquilibrer les global imbalancies, casser l'économie de bulle et supprimer les rentes odieuses construites patiemment depuis 30 ans par des tas de groupes très divers de goinfres... Il nous faut forcer l'État à apprendre ce que signifie productivité et destruction créatrice. Établir une solidarité réelle et pas la tartuferie actuelle où le pauvre finance le riche.

Et c'est seulement ainsi qu'on retrouvera, comme les suédois l'ont fait, un avantage comparatif réel sur les émergents qui justifiera qu'on aie un meilleur niveau de vie.

La prospérité en tant que nation n'est pas un acquis social.

Les occidentaux veulent continuer à avoir des jouets à 10€, des T shirts à 2€, des mp3 à 40€, mais des salaires à 1500€ ? Et bien non, ce n'est pas ce qu'il va se passer. On n'aura pas le beurre et l'argent du beurre.

D'ailleurs, comment vivait-on avant la mondialisation ? Tous ces produts coutaient autrement plus cher. Alors pourquoi ce sentiment de moins en moins s'en sortir malgré ces prix là qui baissent ? Parce que la part de l'économie parasitaire et des goinfres n'en finit plus de grossir : retraites grotesques, loyers, prix de l'immobilier, dividendes, intérêts de la dette, assistés professionnels... La voila la raison du déclassement des classes moyennes...

Il est temps de tuer la Ponzi économie, et de rétablir la méritocratie et un capitalisme sain. Un capitalisme à l'équilibre, de classes moyennes, et qui a fait la force de l'occident.

On reviendra à la situation qui était la notre dans les années 90, avant la mondialisation. Et même un peu plus chiche surement, alors que les matières premières seront toutes plus chères vu qu'on sera passé de 1 milliard à 3 milliards de consommateurs.

Mais il faut bien comprendre que la ligne de front actuelle est intenable. Il est temps d'organiser la retraite en bon ordre avant que ça ne finisse en déroute.

Et la déflation n'est pas le problème mais la solution.

Et si l'alternance des deux partis, en place partout en occident, refuse de comprendre ça, pour essayer de maintenir ses bases électorales de prédateurs respectifs achetés à coup de pillage des petits et des sans grades, alors partout, ils se mangeront des réactions extrêmes, du genre de ce que sont devenues les tea party aux USA...

Et ils sont malins. Derrière ce discours qui est celui que les classes moyennes attendraient de politiques raisonnables, œuvrant pour la collectivité, vous pouvez compter sur ces extrêmes pour rajouter à la bonne soupe de toutes autres idées beaucoup plus nauséabondes... Avec tous les risques que l'on sait...

samedi 16 octobre 2010

Questionnements sur la "reponsabilité limitée"

Je me souviens avoir écrit ça il y a deux ans :

Questionnements sur la "reponsabilité limitée"

Je me permets de créer un fil car il y a tout de même pas mal de questions que je me pose sur la crise actuelle et à chaque fois j'en reviens au même point : la responsabilité limitée.

En gros, ça signifie qu'avec un statut à responsabilité limitée, si la société d'un capitaliste fait faillite, celui ci ne pourra pas se voir confisquer son patrimoine personnel pour rembourser les dettes de sa société.
Dans une économie financiarisée et qui aujourd'hui surfe sur les cycles de hausse et crée des bulles pour se gaver lors de la hausse, lors du dégonflement des bulles, la responsabilité limitée leur permet de garder l'argent extrait et de se déplacer vers une autre bulle en phase de montée pour recommencer la traite.

Avec le système de LBO et les actionnaires, les Hedge Funds, les banques et assurances, on voit aujourd'hui que les puissants ont profité de ce statut pour :
  LBO et actionnaires : acheter une société (à crédit pour les premiers), la détruire en transformant le capital en revenus, puis la société fait faillite. En cas de faillite, le contribuable rembourse et le voleur n'a qu'à refaire un autre LBO.
  Hedge Funds : miser de l'argent que l'on n'a pas, sortir l'argent de la boîte quand on gagne durant la hausse de la bulle, et faire faillite quand on perd durant la crevaison de la bulle. En cas de faillite, le contribuable rembourse et le voleur n'a qu'à recréer un autre Hedge Fund.
  Banques et assurances : on prête de l'argent et on assure de manière déraisonnable et on fait feu de tout bois en profitant de la montée de la bulle mais en prenant des engagements bien au delà du cycle de hausse. Tant que tout va bien, on extrait l'argent de la banque/assurance et quand ça ne va plus, rebelotte. En cas de faillite, le contribuable rembourse et le voleur n'a qu'à recréer une autre banque/assurance.

Visiblement, le système de la SARL est un statut ancien et existe en France depuis 1925. Mais je me demande si aujourd'hui, ce statut n'est pas abusivement utilisé pour extraire toute la croissance de l'économie, voire plus grâce à l'endettement des pauvres, pour la donner à des richards qui ne travaillent pas (en tous cas, pour ma part, je ne considère pas qu'un manager de LBO "travaille"...). L'argent est très vite sorti de ces sociétés devenues bidon et quand la faillite inévitable arrive, les voleurs gardent l'argent extrait et n'ont qu'à recommencer avec une autre société...

Ne serait-il pas temps de revoir ce statut ? Et corolaire : pourquoi une action ne pourrait-elle pas avoir une valeur négative ?

Et quel n'est pas mon plaisir de lire ça aujourd'hui sur The big Picture :

Banks (like Airlines) Have NEVER Made Money…
via The Big PictureAlan Abelson’s, 16/10/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.ritholtz.com/blog/2010/10/banks-like-airlines-have-never-made-money/
“[Butler] duly notes the key role banks had in the financial collapse and cites “one amazing statistic,” namely that “in the aggregate, banks have never made money over time.” Instead, “like the airlines, banks historically have seemingly made money hand over fist during good times, but they give it all back when the cycle turns.”But he asks, “How many bankers suffer the same fate when it comes to their own personal financial affairs?” And the answer to that question, Dennis believes, was a major factor in setting the stage for the encompassing financial crisis we’ve recently suffered through.

More specifically, he points to what he calls “a fundamental flaw in the corporate form of business organization—the lack of personal liability on the part of the people in charge.” The absence of personal liability is why individual bankers, whose feckless pursuit of loan volumes at the expense of loan quality caused “huge losses and public burdens,” were able to “walk away virtually unscathed” and loaded with loot.

The new reforms enacted by Congress may have a salutary effect for a spell. But he thinks that in the fullness of time, they’ll be diluted by lobbying and corruption of the regulatory oversight process. “As long as the incentives for personal gain and corporate risk-taking remain in place,” Dennis dourly concludes, “we fear that episodes of over-reaching will inevitably recur.”

samedi 9 octobre 2010

Sur le protectionnisme

Ces derniers jours, le thème du protectionnisme fait son grand retour. J'ai été moi même pas mal séduit au départ par les idées de Todd qui font leur bonhomme de chemin.

Mais la vérité qui dérange en fait, c'est que les occidentaux, qui ne manquent jamais de gueuler "salauds de riches" en tête des cortèges, ne leur en déplaise, sont les aristos décadents de la planète, à la sauce 1789. L'Europe occidentale n'est plus qu'un tas de pays vieillissants, de 150 millions d'habitants, suréquipés et sans demande, sur des marchés de renouvellement, de gens qui ne cherchent qu'à rien branler en bouffant dans la gamelle du voisin.

Les bulles immobilières, de fausse monnaie à crédit, et les déficits publics pour traire au maximum les jeunes actifs (comme le Scellier ou les APL par exemple), en sont d'ailleurs le vecteur le plus important, et qui permet aux riches rentiers papy boomers et cravateux parasitaires de se goinfrer (ceux là mêmes qui se goinfrent sans travailler sur des patrimoines mal acquis, pour avoir refusé de payer leurs impôts, qui votent massivement UMP, et qui ne manquent d'ailleurs jamais de hurler au parasitisme des RMIstes, pourtant insignifiant à côté de ce qu'ils traient). Vous savez, tous ces tartufes qui défilent sur BFM pour appeler à ce que la banque centrale fasse de la "croissance", lire, de la fausse monnaie pour se goinfrer encore un peu. Car si il y a un truc qui devrait être limpide aujourd'hui, c'est que les banques centrales ne font pas de la croissance, elles font des bulles. On ne fait pas de la croissance en "imprimant" de la fausse monnaie...   

Mais bon, on peut s'isoler en effet et se faire un petit monde étanche. Mais alors, il va falloir que les occidentaux acceptent de vivre sacrément moins riches. Mais pourquoi pas, ça se discute.

Mais là où ça pêche, c'est sur les ressources. L'Europe n'a plus de ressources. Et Todd explique qu'il suffira que les occidentaux échangent quelques produits high tech contre les ressources dont ils ont besoin.

Mais
  1) Avec le peak everything, les ressources vont devenir sacrément plus chères.
  2) Face à nous, la Chine a plus d'un milliard d'habitants, travailleurs, et qui manquent de tout. Et la demande, elle est là bas. Très vite, en couplant taille de la demande, et que chaque personne travaille plus, la recherche et développement aura une base beaucoup plus importante chez eux. Si on s'isole, avec les économies d'échelle que la Chine fera plus ses coûts de revient plus faibles, plus la masse de sa démographie, elle aura une recherche bien plus performante car diluée sur un PIB bien plus important. Et notre avantage technologique va se faire exploser. Déjà on le voit fondre à vue d'œil. Car avec 1% de 1300, on fait 13, quand avec 2% de 300, on fait 6... Du coup, je ne crois pas une seconde au fait que ce sera nous qui aurons les meilleurs produits à proposer en échange des matières premières.

En fait, la réalité, c'est que comme disent les ricains : "we are fucked".

Donc maintenant, soit on organise la retraite en bon ordre et on ratterrit (notamment en arrêtant d'un côté, de nourrir de fausse monnaie toute la clique parasitaire des croulants rentiers et cravateux, et de l'autre, en remettant tout le monde au travail en faisant évoluer le salaire minimum à seuil vers un salaire minimum redistributif), soit on pousse le Ponzi jusqu'au bout...

Jusqu'à la déroute.